L’ONU et la FIDH réagissent vivement contre la radiation de la ligue Iteka

vendredi, 06 janvier 2017 12:56
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Dans différentes déclarations rendues publiques mercredi 4 Janvier 2016, les Nations-Unies et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme ont souligné l’importance de l’action de la ligue des droits de l’homme Iteka, radiée définitivement au Burundi par le Ministre de l’Intérieur le 21 décembre 2016. Selon l’ONU et la FIDH, son apport au Burundi est « primordial dans un pays où les droits humains sont régulièrement bafoués ». 
 
Les Nations-Unies ont déclaré être « déçues » de la décision du gouvernement burundais de radier définitivement la plus ancienne organisation pour la promotion des droits humains au Burundi. Active depuis 1991, la ligue Iteka œuvre dans la surveillance et la documentation sur les violations des droits humains à soulever les Nations-Unies, « des violations devenues monnaie courante au Burundi ». 
 
Le porte-parole adjoint des Nations-Unies précise que les violences liées au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza ont faits 500 morts et plus de 300.000 personnes contraintes à l’exil depuis Avril 2015.   
 
Pour la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la décision du ministre de l’intérieur, qui n’a été rendue publique que cette semaine, est une mesure de « représailles ». Le ministre Pascal Barandagiye argue que « la ligue Iteka a terni l’image du pays et a cherché à diviser les burundais ».  
 
Pour le président de la FIDH, « c’est en radiant la doyenne des organisations pour la défense des droits humains qu’on terni l’image d’un pays et non en attirant l’attention de la communauté internationale sur les exactions qui y sont commises ». 
 
D’après la FIDH, la radiation de la ligue Iteka fait suite au rapport conjoint ligue Iteka-FIDH sorti le 15 Novembre 2016. Un rapport dénonçant les violations massives des droits humains au Burundi depuis Avril 2015. Ce rapport avait pour objectif de conscientiser l’opinion publique sur la crise burundaise et un risque de génocide. 
 
De plus, durant le mois de Décembre 2016, la ligue Iteka a publié des rapports d’enquête sur la poursuite des crimes graves au Burundi « meurtre, enlèvements, disparition, torture, violations et détention massive » mettant en cause la responsabilité des autorités au plus haut niveau de l’Etat. 
 
L’ONU et la FIDH estiment que la ligue Iteka rejoint la liste des principales ONG burundaises à avoir été dissoutes. Ces deux organisations internationales condamnent ce nouveau coup porté à la société civile burundaise et appellent le pouvoir de Bujumbura à mettre fin à la « campagne de harcèlement et le musellement des défenseurs des droits humains ». Elles demandent au gouvernement burundais d’annuler la décision de dissoudre la ligue Iteka. 
 
L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) juge que le gouvernement burundais vise, avec la radiation de la ligue Iteka, à isoler encore plus la population burundaise « qui subit chaque jour les pires violations des droits humains ».        
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TAARIFA YA HABARI YA 26/04/2015

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