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Amakuru yo ku wa 26 Ntwarante 2020

Journal du 26 Mars 2020

L’ONU confirme l’existence de massacres à caractère ethnique, les violences sexuelles ainsi que les charniers

mardi, 19 janvier 2016 10:07
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Dans une déclaration vendredi 15 janvier 2016, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a mis en garde contre l’existence de nouvelles tendances qui émergent au Burundi comme les violences sexuelles commises par les membres des services de sécurité, les tortures ainsi que les disparitions forcées. Zeid Ra’ad Al Hussein évoque aussi l’existence de neuf charniers où se trouveraient les victimes des massacres du 11 décembre dernier.
Selon le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, les tendances nouvelles des violations des droits de l’homme sont apparues après les attaques des camps militaires le 11 décembre et les massacres des civils qualifiés de « violations des droits de l’homme à grande échelle » qui ont suivi. Ainsi Zeid Ra’ad Al Hussein et son agence disent avoir documenté « 13 cas de violence sexuelle contre des femmes, qui ont débuté lors des opérations de recherche et d’arrestation ayant eu lieu après les événements de décembre dans les quartiers perçus comme soutenant l’opposition ». Pour l’ONU, ces violences sexuelles sont attribuables à des membres des forces de sécurité « qui auraient séparé les femmes des autres membres de famille et les auraient violées, leur faisant subir dans certains cas des viols collectifs » a indiqué Zeid Ra’ad Al Hussein.
 
 
Dans cette même déclaration, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU revient sur les journées des 11 et 12 décembre 2015 où de nombreux jeunes ont été arrêtés par les forces de la police et de l’armée, « des jeunes dont beaucoup auraient ensuite été torturés, tués ou emmenés vers des destinations inconnues ». Il indique aussi que « seule une faible proportion d’entre eux semble se trouver dans des lieux officiels de détention », jugeant alarmant le nombre croissant de disparitions forcées ainsi que les allégations « sur l’existence de lieux secrets de détention et de charniers ». 
 
 
L’ONU confirme par-là l’existence de charniers que plusieurs témoins avaient déjà évoqués sur les médias locaux et internationaux. « Des témoins ont rapporté qu’au moins neuf charniers existeraient à Bujumbura et dans ses environs, y compris un dans un camp militaire, et qu’ils contiendraient au moins 100 corps, tous de personnes qui auraient été tuées le 11 décembre 2015 » a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme conclut sur les rapports reçus par son organisation quant au « caractère ethnique » des massacres du 11 décembre 2015 ou les personnes d’ethnie ‘’tutsi’’ seraient les principales victimes de ces journées sanglantes de décembre. L’organisation onusienne épingle aussi les jeunes ‘’Imbonerakure’’ du parti au pouvoir comme ayant participé à ces massacres auprès des membres des forces de sécurité. L’autre élément contenu dans cet état des lieux au Burundi, c’est « l’augmentation du recours à la torture et aux mauvais traitements » par des agents du service national des renseignements (SNR) et de la police. 
 
 
 
L’ONU envisage de plus en plus le déploiement des casques bleus 
 
 
 
Face à cette situation alarmante, l’ONU n’exclut pas un recours aux casques bleus pour parer à de plus grandes violences. Dans un mémo confidentiel du chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU qui a fuité dans la presse, Hervé Ladsous envisage trois scénarios au Burundi.
 
 
Le premier aboutit à une situation stable avec des violations régulières des droits de l’homme et requerra le déploiement de la MAPROBU, la force de protection de la population envisagée par l’Union Africaine. Le deuxième scénario serait déclenché par un événement majeur comme une scission dans l’armée ou un assassinat politique. « Les affrontements sont ouverts, il n’y a plus de discussion politique et la Maprobu ne peut gérer la situation. En conséquence, les violences s’intensifient et se propagent à l’intérieur du pays, notamment aux frontières de la RDC et du Rwanda. Le nombre de réfugiés double et le risque humanitaire touche 2 millions de personnes, l’économie s’effondre » analyse le chef des opérations de maintien de la paix. 
 
 
Le dernier scénario est une dimension ethnique des violences au Burundi « avec des incitations aux crimes contre l’humanité, crimes de guerre ou au génocide ». 
 
 
Ainsi, Hervé Ladsous préconise au Conseil de sécurité le déploiement de casques bleus en réponse aux deux derniers scénarios, en puisant dans les contingents de la MONUSCO, la mission de maintien de la paix en RDC voisine, les seuls qui pourraient être sur place « en moins d’une demi-journée » indique le mémo. 
 
 
Une mission du Conseil de sécurité est attendue ce mercredi 20 janvier 2016 à Bujumbura. Elle sera dirigée par la France, les Etats-Unis et l’Angola. C’est la deuxième fois que le Conseil se déplace au Burundi en moins d’une année. 
 
 
L’ONU fait état d’au moins 439 personnes qui ont été tuées entre le 26 avril et le 14 janvier. Un chiffre qui pourrait être beaucoup plus important au vu des nombreuses disparitions forcées et des charniers. Plus de 250.000 burundais sont également réfugiés depuis le début de la crise en avril 2015, une crise déclenchée par le forcing du Président Nkurunziza pour briguer un troisième mandat dénoncé par l’opposition et la société civile comme violant la Constitution et l’Accord de paix d’Arusha.  
 
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