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Plus de tente personnes ont été assassinées au cours du mois de février

Le procès Nkurunziza contre Bernard Maingain et co-accusés mis en délibéré

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Au Tribunal correctionnel de Paris Au Tribunal correctionnel de Paris

C’est ce jeudi que le procès Pierre Nkurunziza contre Maître Bernard Maingain et co-accusés a démarré au tribunal correctionnel de Paris. Au cours du procès, les deux parties ont évoqué la vidéo qui a incité le président burundais à porter plainte pour diffamation. En définitive, il a été décidé que le jugement sera prononcé le 05 Avril 2019.

Les avocats de Pierre Nkurunziza ont insisté sur les allégations de diffamation pour la vidéo utilisée par la chaîne France 3, maître Bernard Maingain et l’écrivain David Gakunzi. La vidéo diffusée en 2016 montrait des massacres attribués aux Imbonerakure par la chaîne France 3. La vidéo en question avait été tournée ailleurs, dans un autre pays différent du Burundi, comme l’ont constaté par la suite leurs diffuseurs.

 

Répondant aux accusations, le journaliste de France 3, qui était accompagné d’un avocat, a expliqué que durant ses 30 ans de carrière, il a travaillé dans des zones de conflits comme l’Afghanistan, la Syrie, l’Israël ainsi que dans la région des grands lacs. Selon lui, pour la vidéo, il a utilisé les mêmes techniques de vérification qu’il utilise quotidiennement. Le journaliste de France 3 a indiqué qu’il ne pouvait pas par exemple appeler directement la source de Bernard Maingain parce qu’il craignait que le service national de renseignement trace son appel et menace la vie de la source en question. Le journaliste a poursuivi sa plaidoirie en signalant que l’autre obstacle était que le gouvernement du Burundi ne donnait plus des accréditations aux journalistes étrangers pour opérer sur son territoire.

 

Le tribunal a également donné la parole aux témoins de la défense. Le directeur de la RPA Bob Rugurika a parlé des tueries qui se perpétuent au Burundi dont l’assassinat d’Ernest Manirumva, celui de 3 sœurs italiennes ainsi que ceux des autres citoyens burundais. Le président de l’APRODH, de son côté, a entre autres brandi la liste de plus de 480 personnes tuées au cours de l’année 2018 et il a défié les représentants de Pierre Nkurunziza de le démentir en montrant au moins un survivant parmi elles. Maitre Armel Niyongere, pour sa part, a évoqué des tortures qui se commettent au Burundi dont le viol des femmes. Il a ensuite précisé que la vidéo en question a été utilisée au cours d’une formation des Imbonerakure dans la province de Karusi. Du côté du plaignant, Pierre Nkurunziza, ses avocats n’ont pas été bavards au cours du procès selon les sources sur place. Ils ont néanmoins demandé au tribunal que France 3 paie une amende symbolique d’un euro et que d’autres amendes soient payées par Maitre Bernard Maingain et l’écrivain David Gakunzi.

 

Le même jour, la procureure du tribunal correctionnel de Paris a déclaré non fondée l’accusation de diffamation de Pierre Nkurunziza contre la chaîne française de télévision France 3, l’avocat belge Bernard Maingain et l’écrivain David Gakunzi. Dans un réquisitoire très favorable à la thèse de Maingain, la procureure a demandé la relaxe des prévenus et a reconnu leur bonne foi dans la diffusion de la fameuse vidéo controversée et les commentaires qui s’en ont suivi.

 

Les accusés se réjouissent du déroulement du procès

 

Maître Bernard Maingain, un des accusés, salue le travail du parquet l’attitude des témoins à décharge. Il a néanmoins regretté l’absence du plaignant, en la personne de Pierre Nkurunziza, car il aurait souhaité une confrontation pour entendre les arguments qui ont poussé ce dernier à formuler sa plainte. « Dans ce dossier, nous avons regretté que celui qui s’estime léser, monsieur Nkurunziza, n’était pas présent à l’audience. Cela lui aurait peut-être permis de s’expliquer. Nous rendons hommage à la qualité du travail du parquet. Nous rendons aussi hommage à la qualité du travail des avocats qui sont intervenus pour nous défendre et qui ont réellement donné toutes leurs forces pour démontrer qu’au moment où France 3 sort son émission, il ne visait pas monsieur Nkurunziza particulièrement, mais voulait plutôt exprimer la tragédie qui se déroulait au Burundi en Janvier 2016. Je voudrais aussi ajouter un point important : ce dossier a une dimension politique même s’il est juridique. Politique parce que monsieur Nkurunziza a essayé d’utiliser ce qu’il croyait être un élément de faiblesse chez nous pour tenter d’arracher un jugement devant une cour à Paris en se faisant passer pour une victime, disant que finalement c’est lui qui a raison et que tout ce que disent les autres n’ont pas de fondement ni de valeur. Je pense que, sur ce plan-là, nous avons déjà gagné une grande bataille au cours des audiences parce que la crédibilité de tout notre propos, avalisé par des rapports et des recommandations au niveau international, nous permet aujourd’hui, quoi qu’il arrive, de sortir la tête tout à fait haute du tribunal. Plus important encore, si comme le prétendait monsieur Nkurunziza, il était une tierce personne diffamée, nous aurions aimé le rencontrer à l’audience. Et nous espérons que, demain ou après-demain, si des dirigeants au Burundi ou des hommes qui sont dans l’appareil militaire ou policier sont interpellés par la justice, je les conseillerai de se présenter. »   

 

Après deux séances d’audience, le procès a été mis en délibéré pour être prononcé le 05 Avril de cette même année.

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