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Amakuru yo ku wa 15 Gitugutu 2019

Journal du 15 Octobre 2019

Un témoin dans le documentaire ‘’Kamwe Kamwe’’ se rétracte après son arrestation à Bujumbura

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Sylvestre Nyandwi, Procureur général de la République du Burundi Sylvestre Nyandwi, Procureur général de la République du Burundi

Patrick Mugwaneza affirme avoir menti dans le documentaire produit par la BBC. Après une vingtaine de jours d’incarcération, cette source du média britannique déclare devant les caméras qu’il a été recruté pour jouer l’ancien détenu de la parcelle numéro 76 dans le documentaire Kamwe Kamwe-Inside Burundi’s Killing Machine.

Le jeudi, 14 février 2019, le procureur général de la République du Burundi convoque les journalistes pour un point de presse. Sylvestre Nyandwi déclare que la justice burundaise a mis la main sur l’un des acteurs du documentaire mensonger de la British Broadcasting Corporation. ‘’Ce malfaiteur a avoué que la mise en scène de la BBC avait pour objectif de ternir l’image du Burundi et celui de ses forces de sécurité’’, indique Sylvestre Nyandwi. Dans sa déclaration, le procureur général de la République incrimine particulièrement les journalistes de la BBC, le président du Focode Pacifique Nininahazwe ainsi que les sources de la BBC dont le détenu Patrick Mugwaneza.

 

Patrick Mugwaneza a également parlé aux journalistes

 

Menottes aux poignets, Patrick Mugwaneza affirme avoir été recruté par un ami pour jouer le rôle d’un ancien détenu de la maison de Kinindo. ‘’C’est Amédé Ninganza qui m’a rejoint à Kampala pour me proposer de témoigner comme un ancien détenu’’, a précisé Patrick avant d’ajouter qu’un certain Jean-Marie, lui, a accepté de jouer le policier dans le documentaire. Devant les bureaux du Service National de Renseignement, son lieu de détention, la source de la BBC indique qu’elle n’a jamais été détenue à Kinindo.

 

J’avais quitté le pays en 2015 juste après la prestation du serment du président de la République. Donc les événements de Kinindo ont été évoqués alors que j’étais à l’extérieur du pays. Jean Marie n’a jamais été policier à l’époque non plus puisqu’il réside à Kampala depuis 2010’’, explique-t-il.

 

Mais Patrick Mugwaneza diverge sur un point avec le procureur général de la République. Sylvestre Nyandwi, lui, indique que, dans le documentaire, Patrick Mugwaneza a joué le rôle d’un agent du service national de renseignement.

 

Il y a également eu des incohérences sur le dossier dans le passé

 

En décembre dernier, quelques jours après la publication du documentaire de la BBC, la justice burundaise avait présenté devant la presse un musulman qui s’était porté responsable de l’écoulement du sang dans le canal d’évacuation de la parcelle numéro 76 de l’avenue Ntwarante vers la fin du mois de décembre 2016.

 

Dans son point de presse de jeudi, le procureur général de la République l’a également rappelé. ‘’Nous avons abattu 6 chèvres le jour de la fête de l’Eid Il Adha. Et comme il pleuvait le sang avait coulé vers le caniveau’’, avait déclaré ce résidant de Kinindo qui affirmait habiter à 3 maisons de la parcelle en question.

 

Ce jour-là, certains observateurs avaient rejeté cette hypothèse puisqu’il y avait plus de trois mois d’écart entre la fête musulmane et l’apparition du sang dans le caniveau.

 

Une autre chose qui ne collait pas c’est que la version de l’abattage des chèvres était différente de celle du ministère de la sécurité publique, le lendemain de l’apparition du sang. En date du 29 décembre 2016, le porte-parole de ce ministère Pierre Nkurikiye avait qualifié l’information de mensongère et avait publié sur son compte twitter les photos du caniveau de l’avenue Ntwarante nettoyé et ne contenant aucune goutte de sang.

 

Le procureur général passe son temps à défendre les criminels

 

C’est, du moins, ce que pense le président du Focode qui se demande si le procureur général Sylvestre Nyandwi mérite ce poste.

 

’Des crimes évoquées dans le documentaire de la BBC sont extrêmement graves. On évoque des cachots secrets par lesquels passent des citoyens qui sont parfois assassinés ou finissent dans des disparitions. Ce sont des crimes contre l’humanité qui devraient plutôt interpeller et la conscience et la responsabilité d’un procureur général de la République’’, indique Pacifique Nininahazwe qui déplore le fait que Sylvestre Nyandwi n’a jusqu’ici fait aucune enquête sur ces crimes.

 

’On est dans une situation où le procureur général de la République n’est intéressé ni par les cris des orphelins qui demandent où se trouvent leurs pères ni par les cris des mamans qui demandent où se trouvent leurs enfants mais qui n’entend que la colère du service national de renseignement et du régime entaché par les crimes contre l’humanité’’, poursuit le président du Forum pour la conscience et le développement.

 

Et en ce qui concerne sa collaboration avec les journalistes de la BBC, Pacifique Nininahazwe estime qu’il n’a commis aucune infraction. ‘’Quel genre d’infraction ai-je commis dans cette situation ? Est-ce que le code pénal du Burundi dit qu’aider des journalistes à être en contact avec des gens ayant une information à donner constitue une infraction ?’’, s’interroge le président du Focode qui souligne, cependant, que la façon dont la BBC a traité l’information ne le concerne pas.

 

’La BBC est une radio professionnelle qui a une longue expérience. Moi, je n’ai rien à voir avec le traitement qu’elle donne à une information qu’elle reçoit’’, poursuit Pacifique Nininahazwe qui précise, toutefois, qu’il est concerné par le sujet que le documentaire a soulevé tout en rappelant qu’il avait déjà évoqué la maison de Kinindo dans le cadre d’une enquête sur la disparition forcée des frères jumeaux Shabani Bukuru et Shabani Butoyi.

 

La vie de Patrick Mugwaneza est en danger

 

C’est, du moins, ce que confient certains défenseurs des droits de l’homme après la sortie médiatique de cette source de la BBC dans le documentaire. Un défenseur des droits de l’homme se demande pourquoi Patrick a décidé de rentrer au Burundi.

 

’Je suis parti au Burundi sans avertir Amédée. J’ai été incapable d’attendre la protection qu’on m’avait promise. Je n’avais même pas encore rencontré les gens de la Cour pénale internationale et les représentants de la Commission d’enquête sur le Burundi’’, a expliqué Patrick Mugwaneza qui estime que c’est l’ancien agent du service national de renseignement Amédée Ninganza qui l’a fait arrêter à Bujumbura dans l’après-midi de dimanche, 20 janvier 2019. ‘’Je ne sais pas ce qui s’est passé’’, a-t-il répondu à un journaliste qui trouvait bizarre le fait que son arrestation soit orchestrée par celui-là même qui l’aurait recruté.

 

’Patrick Mugwaneza sera poursuivi et jugé conformément à la loi tandis que ses co-auteurs et complices continueront à être recherchés’’, a conclu le procureur général de la République du Burundi dans le point de presse.  

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