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Amakuru yo ku wa 29 Ntwarante 2020

Journal du 29 Mars 2020

Le corona virus, une pandémie à l’origine d’une très grave crise de l’économie mondiale.

mercredi, 25 mars 2020 19:21
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La pandémie corona virus causera un très grand choc à l’économie mondiale, estiment les économistes. Jean Joseph Boillot parle d’une récession de plus de -10%. Le continent Afrique risque de perdre beaucoup plus compte tenu de la situation de pauvreté et de dépendance industrielle de plusieurs de ses pays. L’expert des pays émergents appelle les états surtout africains d’entreprendre face à cette triste réalité. La sortie pourra être bonne ou mauvaise selon l’attitude des dirigeants.

RPA : Jean Joseph BOILLOT, le monde fait face à une pandémie depuis 2, 3 mois. Une pandémie sans médicaments jusque-là. Parmi les mesures de prévention figurent le confinement, la fermeture des frontières des pays, la réduction au maximum des mouvements entre pays. Quelles en seront les conséquences sur l’économie mondiale ?

 

Jean Joseph BOILLOT : On a déjà maintenant des données précises de premier choc économique avec ce qui s’est passé en Chine qui est quand même la première économie mondiale. Et donc nous avons tous les indices d’une récession à la fois pays par pays et d’autre part à l’échelle mondiale. Certains ont voulu comparer ça au choc boursier de 2008 ou de 2000 ou même de 1987. En réalité nous ne sommes pas du tout dans cette configuration ! Je crois qu’il faut travailler plutôt avec la crise de 1929 c’est-à-dire une récession mondiale de l’ampleur de -10% à -20%. C’est-à-dire véritablement une crise très très grave ! 

 

RPA : L'Afrique est aussi touchée par la pandémie et prend les mêmes mesures. Qu’en est-il des pertes de ce côté-là ; que ce soit les pays touchés ou même ceux qui pourront échapper ?

 

Jean Joseph BOILLOT : On peut dire que pour l’Afrique l’on a la conjugaison de trois chocs économiques.

 

*Le premier et on n’en parle pas assez, c’est qu’il y a des populations beaucoup plus vulnérables. Ça touche l’Inde aussi et ça va toucher l’Afrique. Ce qu’on appelle des populations vulnérables ce sont des populations qui, lorsqu’on dit confiner, en réalité ils n’ont pas chez eux ou bien ils n’ont pas accès aux biens de base en termes de nourriture en particulier et de médicaments. Donc c’est un choc très particulier parce qu’on estime toucher environs le ¼ de la population mondiale. Je pense qu’en Afrique on est plus proche de 50% de la population qui est dans cette situation. Voilà pourquoi il y a bien sûr un traitement sanitaire mais il y a absolument besoin d’un traitement économique et social ciblé sur cette population.

 

*Deuxièmement dans le cas d’Afrique, le modèle économique de ces 30 dernières années était basé sur la fourniture de matière première à la Chine et l’importation de produits manufacturés et de biens d’infrastructures. Il y a derrière le choc économique une récession forte qui va toucher l’Afrique.
Cependant, à chaque fois qu’il y a une mauvaise nouvelle, il y a aussi une bonne nouvelle : La nécessité de réfléchir de mettre en œuvre des solutions économiques qui permettent de relocaliser le maximum de la chaine de valeur ajoutée sur place. Notamment dans le domaine agricole, il est bien évident que c’est une opportunité pour l’Afrique de redessiner des zones relativement indépendante de fourniture de l’alimentation. C’est-à-dire au lieu de faire des cultures commerciales sur de grandes espaces comme on l’a vu un peu partout, je pense à l’huile de palme etc…, relocaliser l’alimentation vivrière.

 

*Troisièmement un choc économique de cette ampleur a des conséquences monétaires et financières extrêmement important à la fois sur les budgets des Etats qui sont en général fragiles et sur la situation d’endettement des Etats africains qui vous le savez peut-être étaient en train de revenir sur la table des problèmes du continent, niveau de dettes trop important. Il y a donc des plans d’urgence économique à mettre en œuvre le plus rapidement possible!

 

RPA : Le virus n’a pas de traitement. Si la pandémie dure encore quelques mois le monde, ces pays pauvres auront reculé de combien d’années ?

 

Jean Joseph BOILLOT : Le minimum de temps en termes de durée de l’épidémie, est bien sûr, dans le monde chinois, c’est de 3 à 4mois. Il faut arrêter de croire que des confinements de quelques semaines suffisent. Le cycle économique lui c’est-à-dire le choc économique, se poursuive après sur une durée d’environs 18mois.C’est avec quoi nous devons travailler et être transparent avec tout le monde ! Dire que ça va baisser les niveaux de vie, de revenus des habitants en Afrique c’est évident ! Peu importe si on revient longtemps en arrière de 10 ans ou 20 ans, on ne sait pas ! Ce que l’on sait c’est qu’il ne faut pas baisser les bras et se contenter de se lamenter. Il faut mobiliser la capacité d’innovation de chacun pour faire repartir une économie d’abord d’urgence. Il y a des solutions à mettre en œuvre dans la situation présente comme la distribution des produits alimentaires,…. D’autre part d’ores et déjà dans la façon de répondre à la pandémie, de mettre en œuvre des solutions économiques qui vont s’avérer durable pour la moyenne période. Par exemple il n’y a pas assez d’autonomie industrielle en Afrique notamment dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. Et donc c’est ça aussi que les Etats doivent absolument entreprendre. Donc Oui choc négatif mais surtout ne pas ne pas baisser les bras, mobiliser toute l’énergie, la capacité d’innovation de chacun d’entre nous. L’Afrique est en pleine effervescence et doit pouvoir, je pense, sortir de ce choc avec un corps économique beaucoup plus solide. Il s’agit d’un choc qui peut appeler deux attitudes. Une attitude de baisser les bras et prendre le choc dans la figure et de se lamenter ou au contraire en profiter pour réagir et réagir bien !

 

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