Tragédie dans le football burundais : un joueur décède après avoir avalé une pièce de monnaie lors d’un match
Par : Désiré Hatungimana
L’usage des gris-gris, talismans ou pratiques vaudou dans le football burundais reste un sujet controversé et est interdit par les règles de ce sport. Joueurs, journalistes sportifs et dirigeants de clubs estiment que ceux qui croient en ces pratiques réussissent rarement dans leur carrière et appellent les instances dirigeantes à bannir ces comportements.
Ce samedi 20 décembre, au terrain du Centre Technique National de Ngagara, lors du match de la 5ᵉ journée de la deuxième division opposant les Guêpiers du Lac à Amassipiri, un incident tragique s’est produit. Le joueur Igiraneza Aimé Gueric s’est évanoui pendant le match et, malgré les efforts des médecins du club, il est décédé en route vers l’hôpital. Ses coéquipiers affirment que la mort a été causée par une pièce de monnaie qu’il avait dans la bouche et qu’il a avalée, provoquant un étouffement.
Dans un entretien, le joueur disparu avait dénoncé la fréquence de ces pratiques dans le football burundais, tout en conseillant aux jeunes de privilégier l’entraînement et la prière. Il expliquait que l’usage de gris-gris dépend souvent du milieu dans lequel les joueurs ont grandi, certains entraîneurs les acceptant et d’autres les incitant. Il rappelait que, malgré les croyances familiales en sorcellerie, ces pratiques n’apportent aucun bénéfice réel et que seul le travail acharné permet de progresser dans sa carrière.
Pour ce journaliste, la Fédération de Football du Burundi devrait intervenir pour éradiquer ces mauvaises habitudes, qui, selon lui, expliquent en partie pourquoi ni les Burundais ni les Africains n’ont remporté de trophées au niveau mondial. Il dénonce l’argent dépensé dans la sorcellerie par certains entraîneurs et dirigeants alors que la seule voie vers la victoire reste une bonne préparation des équipes. Ces pratiques, ajoute-t-il, ont un impact négatif sur les joueurs, certains négligeant l’entraînement en croyant que la sorcellerie suffira à gagner les matchs.
Un dirigeant du football burundais estime que les présidents de clubs qui croient en ces pratiques doivent revenir à la raison et gérer leurs équipes de manière responsable. De son côté, l’international burundais Youssouf Ndayishimiye Nyange, évoluant à Nice en France, a déclaré sur son compte Instagram que si ces faits sont avérés, les responsables devraient être poursuivis et punis.

