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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Payer ou patienter : le dilemme des Burundais en quête de passeport

Payer ou patienter : le dilemme des Burundais en quête de passeport

Par: Walter Kwizera

Au Commissariat Général de Migration du Burundi, l’obtention d’un document de voyage relève du parcours du combattant. Entre paiements officieux exorbitants et délais interminables, les demandeurs évoquent un service paralysé et profondément inégalitaire.

Selon plusieurs demandeurs, accéder à un passeport ou à un autre document de voyage délivré par le Commissariat Général de Migration coûte désormais entre un million et un million et demi de francs burundais. Sans ce paiement, il est presque impossible d’obtenir le précieux sésame, sauf à justifier d’une urgence exceptionnelle ou à bénéficier d’un "coup de pouce" interne de haut niveau.

« Ceux qui n’ont pas les moyens attendent pendant des mois, parfois plus d’un semestre, sans jamais voir leur dossier avancer », déplore un citoyen. Les témoignages convergent pour décrire un système opaque, où la lenteur administrative s’ajoute à des pratiques frauduleuses.

Les demandeurs soulignent aussi la rareté inquiétante des laissez-passer, autre document de voyage prisé. « Même demander un laisser-passer est devenu un risque inutile », glisse une source. Ces documents sont aujourd’hui quasiment indisponibles, plongeant les citoyens dans l’incertitude totale.

Fin 2025, le Commissaire Général de la Police de Migration, Maurice Mbonimpa, avait affirmé que les retards étaient dus au fait que certains usagers déposaient leurs demandes tardivement. Une justification qui ne convainc guère. "J’ai introduit ma demande depuis plus de huit mois", s’insurge un autre demandeur. "Et jusqu’à présent, je n’ai reçu aucune réponse."

La RPA a tenté de joindre le Commissaire Général Maurice Mbonimpa pour recueillir sa réaction à ces allégations, mais sans succès pour le moment.

 

Bujumbura : des chauffeurs de taxis dénoncent des « injustices » policières

Bujumbura : des chauffeurs de taxis dénoncent des « injustices » policières

Des conducteurs de taxis de la capitale économique accusent certains policiers de favoriser des transporteurs illégaux au détriment des professionnels régulièrement enregistrés. Le soir venu, ces chauffeurs disent être empêchés d’accéder aux stations du centre-ville, laissant place, selon eux, à des véhicules non autorisés.

À Bujumbura, les chauffeurs de taxis expriment leur colère face à ce qu’ils qualifient de traitement inéquitable de la part des forces de l’ordre. Selon plusieurs témoignages recueillis ce lundi par la Radio Publique Africaine (RPA), ces automobilistes affirment que, dès la tombée de la nuit, certains policiers permettent à des véhicules non habilités au transport public de transporter des passagers, alors que les taxis officiels, eux, se voient refuser l’accès aux stationnements clés de la ville.

De 19 h à 20 h, les taxis sont interdits d’accès à plusieurs stations de bus du centre-ville, notamment au parking dit « Kwa Ngoma », où les voyageurs, souvent bloqués faute de bus, se bousculent pour trouver un moyen de rentrer chez eux. Cette restriction intervient dans un contexte de pénurie prolongée de carburant, qui continue de paralyser une partie du transport urbain.

Un chauffeur rencontré sur place déplore cette situation : « À partir de 17 h, on voit arriver des véhicules privés dont on ignore la provenance. Ils prennent des passagers alors que nous, taxis enregistrés, n’avons pas le droit de travailler. » Il accuse certains agents de fermer les yeux en échange de pots-de-vin.

Les conducteurs dénoncent une concurrence déloyale : « Nous payons régulièrement nos taxes pour contribuer au développement du pays. Pourtant, ceux qui ne paient rien sont autorisés à travailler et profitent des passagers. C’est injuste. Nous demandons à l’ATRABU de se positionner en notre faveur. »

Contactée par la RPA, l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) admet l’existence de véhicules non autorisés opérant dans le secteur, tout en niant que des taxis en règle soient empêchés de travailler. Son secrétaire, Charles, indique que l’organisation va « suivre de près la situation » pour garantir que les chauffeurs dûment enregistrés puissent exercer leur métier sans entrave.

 

La RN8 en ruine : le désarroi des transporteurs entre Gitega et Rutana

La RN8 en ruine : le désarroi des transporteurs entre Gitega et Rutana

La dégradation avancée de la Route Nationale 8 met à genoux les transporteurs et usagers de l’axe Gitega–Rutana. Véhicules endommagés, pertes financières et conditions de circulation désastreuses : les conducteurs tirent la sonnette d’alarme et appellent à une réhabilitation urgente de la route.

La Route Nationale 8, qui relie la province de Gitega à la commune de Rutana, est aujourd’hui dans un état de dégradation critique. Transporteurs et passagers décrivent une voie « impraticable », parsemée de nids-de-poule et de pierres, où les véhicules peinent à circuler sans s’abîmer.

Les conducteurs de véhicules de transport en commun affirment travailler à perte. « De Songa jusqu’à Rutana, la route n’est qu’une succession de crevasses. Même les réparations de fortune, entreprises avec des pierres ou de la terre, n’ont pas tenu », témoigne un chauffeur.

Ce dernier précise que les pannes mécaniques se multiplient : rotules brisées, pneus éclatés, amortisseurs détruits. Les dépenses d’entretien absorbent la totalité des recettes journalières. « Un pneu coûte aujourd’hui 300 000 francs burundais. Nous dépensons plus en réparations qu’en recettes. C’est devenu un métier sans avenir », déplore-t-il.

Cette situation affecte également les passagers, souvent contraints de descendre des véhicules bloqués dans la boue ou d’interrompre leur trajet. L’ambiance est tendue entre chauffeurs et voyageurs, chacun pointant la responsabilité de l’autre, faute d’une véritable prise en main des autorités.

Sur plusieurs tronçons  de Songa à Bukirasazi, puis vers Noma, Ngoma, Gitaba et Mugabo, des habitants, souvent des enfants, tentent courageusement de combler les trous avec de la terre pour gagner quelques pièces auprès des automobilistes de passage. Une scène symbolique du désespoir qui règne sur cette voie stratégique reliant le centre du pays au sud-est.

Les transporteurs et usagers appellent le gouvernement à lancer des travaux de réhabilitation urgents, craignant que la RN8 ne devienne bientôt totalement impraticable.

Pluies diluviennes à Kiremba : des vies perdues et des familles sans abri

Pluies diluviennes à Kiremba : des vies perdues et des familles sans abri

Treize familles de la commune de Kiremba, dans la province Butanyerera, se retrouvent sans abri après des pluies diluviennes survenues début janvier. Cultures détruites, ponts emportés, pertes humaines : la localité de Bugina vit une situation d’urgence humanitaire.

Les violentes précipitations qui se sont abattues sur la commune de Kiremba, en province de Butanyerera, du 7 au 8 janvier, ont fait d’importants dégâts matériels et humains. Treize familles de la zone de Bugina ont vu leurs habitations entièrement détruites, et trois enfants ont tragiquement perdu la vie dans l’effondrement de leurs maisons.

Selon Léonce Ngendakumana, chef de la zone de Bugina, plus de 150 hectares de champs vivriers ont été dévastés par ces intempéries. Cinquante-quatre familles se retrouvent désormais sans moyens de subsistance, leurs cultures ayant été emportées par les inondations. Les habitants parlent d’une situation de détresse, aggravée par la destruction de quatre ponts reliant leurs villages aux marchés et aux écoles.

Le 12 janvier, une délégation composée de représentants de World Vision et des autorités provinciales s’est rendue sur les lieux pour évaluer l’ampleur des dégâts et envisager une aide humanitaire. Cependant, aucune mesure d’urgence concrète n’a encore été mise en œuvre, accentuant le désarroi des sinistrés.

La zone touchée ne se limite pas à Kiremba. Dans les communes voisines de Busoni, Kirundo et Ngozi, les mêmes pluies ont ravagé plus de 300 hectares de rizières. Dans plusieurs vallées, les riziculteurs tentent de replanter leurs jeunes plants, emportés par les eaux.

Les habitants de Bugina et des localités environnantes lancent un appel pressant aux autorités et aux organisations humanitaires afin d’obtenir une aide immédiate en vivres et en abris.

 


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