Par: Hervé Niyuhire
Les quartiers de Nyakabiga et Jabe, au cœur de Bujumbura, font face depuis plusieurs mois à une sévère pénurie d’eau potable. Les habitants, contraints d’acheter de l’eau à prix fort ou de se lever en pleine nuit pour en puiser, dénoncent une situation devenue intenable et craignent des risques sanitaires imminents.
À Nyakabiga et Jabe, le robinet reste sec la plupart du temps. Depuis la fin du mois d’octobre 2025, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable casse-tête pour les habitants. Selon plusieurs témoignages, il faut parfois attendre plusieurs jours pour qu’un mince filet d’eau coule brièvement pendant la nuit.
« L’eau arrive rarement, souvent vers deux ou trois heures du matin, et ne dure qu’une heure, parfois moins », témoigne un résident de Nyakabiga. « Si on ne se réveille pas à temps, on passe la journée sans eau. Tout le monde n’a pas de bidons comme avant, quand la distribution était plus régulière. »
Suite à la pénurie, beaucoup se résignent à acheter de l’eau auprès de revendeurs ambulants ou à parcourir de longues distances pour en trouver. Dans ces quartiers aux ruelles étroites, inaccessibles aux motos, la corvée d’eau se transforme en parcours du combattant.
« Cette situation bouleverse notre quotidien », explique une mère de famille. « Certains travailleurs arrivent en retard parce qu’ils doivent chercher de l’eau avant d’aller au travail. Les élèves partent à l’école sans petit-déjeuner ou mangent très tard, faute d’eau pour cuisiner. »
Les habitants lancent un appel pressant aux autorités et à la REGIDESO, la société nationale de distribution d’eau, pour qu’une solution durable soit trouvée. Ils alertent sur les conséquences sanitaires que pourrait entraîner la poursuite de cette crise.
Malgré plusieurs tentatives, la rédaction n’a pas pu joindre les responsables de la REGIDESO à Bujumbura pour recueillir leur réaction.

