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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

La faim s’installe dans les prisons de Rumonge et Mpimba

La faim s’installe dans les prisons de Rumonge et Mpimba

Par: Digne Karondo

Dans plusieurs prisons du Burundi, les détenus font face à une crise alimentaire inquiétante. Privés de farine depuis des semaines, ils se contentent désormais d’une seule ration de haricots par jour. Beaucoup redoutent de mourir de faim si rien n’est fait.

Les signaux d’alerte se multiplient dans les établissements pénitentiaires du Burundi. Les prisons centrales de Rumonge et de Mpimba à Bujumbura, voient leur situation alimentaire se dégrader gravement. Selon plusieurs témoignages des détenus, ils  ne reçoivent plus la farine de maïs ou de manioc, composante principale de leurs repas, depuis plusieurs semaines.

À la prison centrale de Rumonge, dans la province de Burunga, les détenus affirment qu’ils n’ont plus reçu cette farine depuis plus d’un mois. « Celui qui n’a pas de famille ni de moyens pour acheter de la nourriture souffre terriblement. Nous ne recevons qu’une petite ration de haricots, servie une seule fois par jour », rapporte une source depuis l’intérieur de la prison.

Le climat y est tendu. D’après les mêmes sources, toute tentative de plainte ou de réclamation est immédiatement perçue comme une provocation. Les détenus craignent des sanctions sévères, comme la suspension de leurs droits élémentaires, notamment celui de communiquer avec leurs compagnons de cellule.

La situation est similaire à la prison centrale de Bujumbura, dite prison de Mpimba. Depuis plus d’une semaine, les détenus n’y mangent eux aussi que des haricots, souvent mal cuits à cause d’une pénurie de charbon.

Face à cette situation dramatique, les prisonniers appellent le gouvernement burundais à agir en urgence et à garantir un approvisionnement régulier en vivres. Ils demandent aussi qu’une solution durable soit trouvée à ces crises répétées qui mettent en péril la vie des détenus.

Contacté par la rédaction de la RPA, le directeur général des prisons du Burundi, Pierre Claver Miburo, a affirmé que les informations en notre possession étaient inexactes. Interrogé sur l’existence d’au moins une prison disposant actuellement de farine pour la pâte, il nous a invités à nous rendre à son bureau pour en discuter. Rappelons toutefois que les prisons de Bubanza, Gitega et Ngozi sont toutes confrontées à une rupture de stock de farine.

 

Burundi : disparitions inquiétantes, le silence qui accable

Burundi : disparitions inquiétantes, le silence qui accable

Par: Walter Kwizera 

Depuis plusieurs semaines, les cas de disparitions se multiplient au Burundi sans qu’aucune explication claire ne soit donnée. Employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), Chadia Mukaremera a disparu depuis près d’un mois, tout comme d’autres citoyens dans différentes régions du pays. Les familles, impuissantes, réclament la vérité face à l’indifférence des autorités.

Chadia Mukaremera, membre de l’équipe nationale de la CNIDH, est portée disparue depuis le 25 février 2026. Ce matin-là, elle avait quitté son domicile de Nyakabiga vers une heure du matin pour se rendre à son bureau. Selon un collègue, elle avait répondu à son appel téléphonique en affirmant qu’elle se rendait au travail sans difficulté — témoignage confirmé par Gérard Rugemintwaza, chef d’équipe adjoint à la CNIDH.

Depuis ce jour, plus aucun signe de vie. Sa famille demeure sans nouvelles, tandis que la CNIDH appelle toute personne détenant la moindre information à se manifester. Mais le silence officiel pèse, renforçant la peur et la confusion.

Le cas de Chadia Mukaremera n’est pas isolé. Plusieurs autres disparitions ont été signalées ces dernières semaines.
Parmi elles, celle d’Éric Cubwa, surnommé Ruwaruwa, un homme de 50 ans originaire de Bukeye, dans la commune de Nyanza (province de Burunga). Le 22 février, il aurait été enlevé par des agents du Service national de renseignement (SNR). Ses proches rapportent qu’il a été menotté et embarqué de force dans une camionnette sans plaque et depuis, plus de trace de lui.

Le 23 février, c’est Gabriel Ndikumana, chauffeur à l’organisation World Vision dans la province de Buhumuza, qui a lui aussi disparu. Il aurait été vu pour la dernière fois en soirée, à son retour de dîner. Quelques jours plus tard, le 27 février, Hermenegilde Nijimbere, surnommé Fanny, a été enlevé alors qu’il se trouvait dans un bistrot du quartier Jabe à Bujumbura. Ses proches supplient les agents présumés de ne pas lui faire de mal et de le traduire en justice s’il est accusé de quelque chose.

La Ligue burundaise Iteka, dans un communiqué publié le 19 mars, accuse la CNIDH d’avoir manqué de transparence dans la gestion du dossier Mukaremera. Selon l’organisation, l’institution aurait reçu des informations permettant d’avancer dans l’enquête,  notamment un appel passé par la secrétaire générale du CNIDH, dernière personne à avoir contacté Chadia Mukaremera , mais n’aurait pas agi pour la retrouver.

Ces accusations renforcent la perception d’un climat d’impunité et d’omerta autour des disparitions forcées.

Contacté par la rédaction de la RPA, Blaise Nyaboho, responsable de l’équipe nationale des droits humains, a confirmé son identité avant de refuser toute déclaration à l’antenne. Un message lui a également été adressé pour obtenir plus de détails sur les recherches en cours, mais il n’a donné aucune suite.

 

A la prison de Ngozi, la faim pousse les détenus à bout

A la prison de Ngozi, la faim pousse les détenus à bout

Par: Nadège Irakoze

Depuis deux semaines, les détenus de la prison centrale de Ngozi, dans la province de Butanyerera, n’ont plus reçu de farine de manioc ni de maïs, aliment de base de leurs repas. Faute de rations suffisantes, beaucoup ne mangent qu’une fois par jour. La situation devient alarmante.

La faim s’installe dangereusement au sein de la prison centrale de Ngozi. Cela fait désormais quatorze jours que les détenus n’ont pas reçu de farine, composante essentielle de leur régime alimentaire quotidien. Ils se nourrissent uniquement d’une petite portion de haricots distribuée chaque jour, selon plusieurs sources internes.

« Les détenus sont menacés par la faim. Beaucoup ne mangent qu’une seule fois par jour, avec des quantités dérisoires », témoigne une source au sein de l’établissement. Cette situation touche particulièrement les prisonniers sans soutien extérieur, car seuls ceux dont les familles peuvent apporter de quoi manger lors des trois jours de visite autorisés par semaine parviennent à s’en sortir un peu mieux.

Selon nos informations, le manque prolongé de nourriture commence à affecter la santé des détenus. « Certains deviennent très faibles et tombent souvent malades faute d’alimentation suffisante », poursuit notre source.

Ce problème ne concerne pas uniquement Ngozi. D’autres prisons du pays connaissent elles aussi des ruptures de stock alimentaires depuis plusieurs jours. Les détenus, à bout, lancent un appel aux autorités burundaises pour qu’elles leur garantissent un droit fondamental : celui de se nourrir convenablement. Ils demandent également qu’une solution durable soit trouvée pour mettre fin aux pénuries alimentaires récurrentes dans les établissements pénitentiaires du pays.

 

 Prison de Gitega : faim et soif en prison

Prison de Gitega : faim et soif en prison

Par: Rémy Nderagakura 

Les détenus de la Prison centrale de Gitega indiquent qu’ils viennent de passer cinq jours sans recevoir la farine qui leur est habituellement servie. Les dernières réserves de haricots se sont également épuisées aujourd’hui. En plus de la faim qui les frappe depuis plusieurs jours, ces prisonniers signalent aussi un sérieux problème de manque d’eau potable.

La situation à la Prison centrale de Gitega devient critique. Selon les témoignages recueillis auprès des détenus par la Radio Publique Africaine, les prisonniers passent cinq jours consécutifs sans recevoir la farine qui constitue la base de leur ration hebdomadaire. Pour couronner le tout, les dernières réserves de haricots se sont également épuisées ce jour-même, laissant les détenus sans aucun aliment de subsistance.

« Le principal problème auquel nous faisons face concerne la distribution de la ration hebdomadaire. C’est notre plus grande difficulté », explique l’un des prisonniers. « La farine est en rupture de stock depuis plusieurs jours, tandis que les haricots ne sont disponibles que le jour même de leur distribution. Les produits reçus s’épuisent immédiatement en raison de l’insuffisance des stocks. »

Au-delà de la faim, les détenus signalent un manque grave d’eau potable. Ils sont quatre jours sans eau, exacerbant les conditions de santé déjà précaires au sein de l’établissement. Face à cette double pénurie (nourriture et eau), les prisonniers lancent un appel urgent à la Direction générale des affaires pénitentiaires pour qu’elle « fasse le nécessaire » et rétablisse immédiatement les distributions de repas.

Cette pénurie ne semble pas isolée. Selon les informations en notre possession, la même situation de rationnement critique touche d’autres grandes prisons du pays, notamment celles de Bubanza, Ngozi et Ruyigi. Un signe que le système pénitentiaire burundais traverse une crise logistique et financière généralisée.

La rédaction de la RPA a tenté par deux fois de joindre Pierre Claver Miburo, directeur général des affaires pénitentiaires, afin qu’il s’explique sur les causes de cette pénurie et les mesures envisagées. À ce jour, aucune réponse n’a été apportée et le responsable reste injoignable.

 

 

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