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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Gitega : le pavage des routes pèse lourd sur les ménages

Gitega : le pavage des routes pèse lourd sur les ménages

Par: Innocent Valentin Singirankabo

Certains habitants des quartiers de Rango, Shatanya et Musinzira, dans la ville de Gitega, expriment leur inquiétude face au programme de pavage des petites voies de circulation lancé par l’État. En raison de la précarité dans laquelle ils vivent, les ménages concernés affirment ne pas être en mesure de payer les 61 773 francs burundais demandés pour chaque mètre carré pavé devant leurs habitations.

Ces trois quartiers sont les premiers concernés par ce programme de pavage des petites routes et des espaces publics. Dans le cadre des travaux, les propriétaires de parcelles ou de maisons situées le long des routes concernées doivent contribuer à hauteur de 61 773 francs burundais par mètre carré. Le montant à payer dépendra de la superficie retenue devant chaque parcelle.

Cette mesure s’inscrit dans une réforme plus large de l’aménagement urbain. Elle est encadrée par le décret présidentiel n° 100/126 du 18 septembre 2026, relatif à la viabilisation par intégration et à la restructuration des quartiers spontanés, construits sans respect suffisant des plans d’aménagement urbain.

Un habitant du quartier Rango, interrogé par la Radio RPA, indique que, même si certains ménages disposent de moyens suffisants pour payer la contribution exigée, une grande partie de la population vit dans une extrême pauvreté et peine déjà à subvenir aux besoins alimentaires de sa famille. Certaines familles habitent des maisons qui ne sont même pas encore cimentées. Dans ces conditions, leur demander de payer des frais de pavage au seul motif que leurs maisons sont situées le long des routes concernées constitue, selon elles, une lourde épreuve qui affecte profondément de nombreux ménages.

Les habitants estiment que les montants exigés sont très élevés. Même les propriétaires de petites parcelles devraient débourser des sommes pouvant atteindre quatre millions de francs burundais. Pour une parcelle disposant de dix mètres de façade sur une route à aménager, la contribution porte sur une bande de trois mètres de largeur, soit 30 mètres carrés, ce qui représente environ 1 853 190 francs burundais.

Certains habitants de Rango, Shatanya et Musinzira, déjà confrontés à une grande précarité, se demandent désormais comment ils pourront réunir les sommes exigées par l’État, alors que certains sont à la retraite et ne disposent plus d’une activité professionnelle. « Nous sommes dans une situation très difficile et nous nous demandons où nous allons trouver tout cet argent. Comment allons-nous faire ? », s’interroge l’un d’eux. Parmi les personnes concernées figurent notamment des enseignants déjà endettés auprès des institutions de crédit, des habitants sans emploi ainsi que des retraités qui ont quitté la vie professionnelle depuis plusieurs années.

Ces habitants de la ville de Gitega, propriétaires de maisons concernées par cette mesure présidentielle, demandent au président de la République de revoir cette décision, qu’ils jugent difficilement supportable pour une grande partie de la population. Ils l’invitent à tenir compte des conditions de vie actuelles des citoyens.

 

Somalie : plus de 1 900 militaires burundais réclament jusqu’à 18 mois de salaires impayés

Somalie : plus de 1 900 militaires burundais réclament jusqu’à 18 mois de salaires impayés

Par: Davy Claude Mbananayo

Plus de 1 900 militaires burundais ayant participé à une mission de maintien de la paix en Somalie entre mai 2024 et avril 2026 réclament le paiement de leurs arriérés de salaires. Selon nos informations, certains attendent entre 17 et 18 mois de rémunération, soit plus de 30 millions de francs burundais par militaire.

Ces soldats affirment n’avoir perçu que cinq mois de salaire sur toute la durée de leur mission. Pour les mois restants, il leur avait été promis que les fonds seraient versés sur leurs comptes bancaires à leur retour au Burundi. Une promesse qui, à ce jour, n’a toujours pas été honorée.

« Certains sont déjà partis à la retraite et espéraient recevoir cet argent pour disposer d’un capital leur permettant de subvenir à leurs besoins, mais malheureusement, leurs espoirs ont été déçus », explique l’un d’eux. Il ajoute que la longue séparation d’avec leurs familles a laissé de nombreux besoins accumulés, notamment en matière de scolarisation des enfants.

Plusieurs militaires indiquent avoir contracté des dettes pour faire face à ces dépenses, en espérant pouvoir les rembourser dès la réception de leurs salaires. Aujourd’hui, ils disent traverser une période particulièrement difficile et appellent les autorités à régulariser leur situation.

Selon des sources proches de ces militaires, les fonds destinés au paiement de ces arriérés sont disponibles depuis le mois de juin 2026. Ils s’étonnent toutefois que l’argent n’ait toujours pas été transféré sur leurs comptes bancaires.

Parmi les demandeurs figurent également des militaires déjà partis à la retraite, qui affirment vivre dans des conditions particulièrement précaires. Ils demandent aux autorités et aux services concernés de prendre les mesures nécessaires pour leur permettre de percevoir leur dû.

Contacté, le porte-parole de l’armée, le général de brigade Gaspard Baratuza, n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de la rédaction.

 

SOSUMO : la disparition d’un cadre sème la discorde au sein du personnel

SOSUMO : la disparition d’un cadre sème la discorde au sein du personnel

Par: Janvier Nininahazwe

Un climat de tension et de méfiance s’installe au sein de la SOSUMO, une semaine après la disparition inexpliquée de l’ingénieur Ismaël Mugisha, chef adjoint du service de maintenance. Entre ceux qui réclament une enquête approfondie et ceux qui affirment qu’il est en voyage à Dubaï, le personnel de la société sucrière craint que cette situation n’affecte davantage son fonctionnement et sa production.

La disparition de l’Ir. Ismaël Mugisha, survenue il y a exactement une semaine, a divisé les employés de la SOSUMO en deux groupes. Le premier, proche de la Directrice générale, demande une enquête sérieuse afin d’établir les circonstances de sa disparition. Le second, qui soutient le directeur de l’agriculture, affirme de son côté que l’ingénieur est parti en voyage à Dubaï.

Selon des informations recueillies par la RPA au sein de la société, cette divergence de positions crée progressivement une discorde entre les employés. Certains craignent que, si la situation ne trouve pas rapidement une explication claire, les tensions ne s’aggravent et ne nuisent à la cohésion du personnel ainsi qu’au bon fonctionnement de l’entreprise.

La disparition de ce cadre intervient également à un moment sensible pour la SOSUMO. La source de la RPA indique que la campagne de production du sucre pourrait prendre fin ce week-end avec environ 11 000 tonnes produites, alors que la société atteignait habituellement entre 18 000 et 20 000 tonnes. Cette baisse de production ajoute aux inquiétudes déjà suscitées par le climat de suspicion qui règne au sein du personnel.

Contacté par la rédaction de la RPA, le directeur de l’agriculture, Jean-Claude Ntwari, reproché par certains d’être à l’origine de ce climat malsain, a décroché son téléphone lors du premier appel. Mais, après avoir appris l’objet de l’appel, il n’a pas souhaité s’exprimer. Lors d’un second appel, il n’a plus décroché et n’a pas réagi au message envoyé via WhatsApp.

 

Les déplacés du site de Kabezi dénoncent la démolition de leurs habitations

Par: Emmanuel Ndayishimiye

Les déplacés du site de Kabezi, en commune Mugere, dénoncent des opérations de démolition de leurs habitations menées par les autorités locales. Ils craignent d’être contraints de retourner dans les collines qu’ils avaient fuies lors de la crise de 1993, alors qu’aucune solution durable de réinstallation n’a encore été mise en place.

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