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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Camp Nduta : les réfugiés burundais  dénoncent de nouvelles démolitions malgré les assurances du HCR

Camp Nduta : les réfugiés burundais dénoncent de nouvelles démolitions malgré les assurances du HCR

Alors que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait annoncé la suspension des opérations de démolition dans les camps tanzaniens, de nouvelles maisons des réfugiés burundais ont été détruites  à Nduta. Les victimes, livrées à elles-mêmes, dénoncent le silence du HCR et appellent la communauté internationale à l’aide.

Les réfugiés burundais vivant dans les camps de Tanzanie font face à une nouvelle vague de violences. À l’aube du vendredi dernier, 16 janvier, les Basungusungu ont détruit plusieurs habitations dans la zone 18 du camp de Nduta, selon des témoignages concordants recueillis sur place. Une intervention survenue à peine une semaine après que le HCR avait annoncé la suspension de toute assistance et des démolitions à leur encontre.

« Octavia et ses hommes sont venus au petit matin pour raser toute la zone, ils n’ont rien laissé debout », raconte un réfugié joint par téléphone. Selon lui, les habitants du camp s’interrogent sur le silence du HCR face à de telles opérations, qu’ils perçoivent comme une manipulation orchestrée pour les pousser à rentrer de force au Burundi.

« Nous voulons comprendre la position du HCR. On nous avait dit que les destructions étaient suspendues, mais sur le terrain, on voit le contraire. Nous vivons dehors, sous la pluie, sans abri, et personne ne nous dit ce qui se passe vraiment », poursuit-il d’une voix résignée.

Cette incompréhension grandit au sein du camp. Plusieurs réfugiés estiment « inacceptable » qu’une organisation humanitaire de cette envergure adopte une attitude aussi passive alors que les autorités tanzaniennes semblent renforcer la pression sur une population déjà vulnérable. « C’est choquant d’être abandonnés par ceux censés nous protéger. Le HCR ne dit rien, pendant que l’État multiplie les actes que nous jugeons inhumains », déplore un autre résident.

Les réfugiés burundais de Tanzanie adressent un appel urgent à la communauté internationale. Ils demandent une intervention rapide pour garantir leur sécurité et faire respecter le principe du retour volontaire, tel qu’annoncé par le HCR.

 

Quatre ans de détention pour un message WhatsApp : la journaliste Sandra Muhoza condamnée

Quatre ans de détention pour un message WhatsApp : la journaliste Sandra Muhoza condamnée

Le Tribunal de grande instance de Ngozi a condamné, ce 14 janvier 2026, la journaliste Sandra Muhoza du média en ligne La Nova Burundi à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 francs burundais. L’Observatoire de la presse au Burundi (OPB) dénonce une décision « injustifiée et inquiétante » qui  illustre la pression croissante sur la liberté de la presse.

Le verdict est tombé ce mercredi 14 janvier à Ngozi. Le Tribunal de grande instance a condamné la journaliste Sandra Muhoza, du média en ligne La Nova Burundi, à quatre ans de prison ferme et à une amende de 200 000 francs burundais. Elle a été reconnue coupable d’« atteinte à l’intégrité du territoire national » et « d’aversion raciale ».

Cette décision intervient après que la Cour d’appel de Mukaza s’était déclarée incompétente pour se prononcer sur le premier jugement, renvoyant le dossier devant la juridiction de Ngozi. Sandra Muhoza, incarcérée depuis le 13 avril 2024, a déjà passé une année et neuf mois derrière les barreaux. Son arrestation faisait suite à un message partagé dans un groupe WhatsApp.

Le verdict a immédiatement suscité de vives réactions dans les milieux médiatiques. Le président de l’Observatoire de la presse au Burundi (OPB), Innocent Muhozi, parle d’un « acharnement injustifié » à l’encontre de la journaliste. Selon lui, les accusations d’atteinte à la sécurité nationale et d’incitation à la haine ne reposent sur aucune base solide.

« Si une personne ordinaire peut être accusée d’atteinte à la sécurité nationale, c’est qu’il n’y a plus vraiment de sécurité dans le pays », ironise-t-il.

Innocent Muhozi estime que cette condamnation est motivée par des raisons non avouées : « On dirait qu’une personne puissante s’acharne contre elle, qu’on cherche à lui faire du mal », avance-t-il, dénonçant une justice instrumentalisée.

Le président de l’OPB appelle le chef de l’État à intervenir pour faire libérer la journaliste et rétablir son droit à la liberté. Il estime que ce procès illustre les dérives de la justice et porte atteinte à l’image du Burundi à l’étranger.

 

 Affaire Sandra Muhoza : RSF dénonce une ‘’criminalisation du journalisme’’

Affaire Sandra Muhoza : RSF dénonce une ‘’criminalisation du journalisme’’

Condamnée une première fois puis rejugée après l’annulation de la procédure initiale, la journaliste burundaise Sandra Muhoza a écopé cette fois de quatre ans de prison ferme. Une décision dénoncée comme arbitraire par son avocat et par Reporters sans frontières (RSF), qui y voient une volonté manifeste de criminaliser le travail journalistique au Burundi.

La journaliste burundaise Sandra Muhoza, déjà condamnée une première fois à 21 mois de prison, a vu sa peine presque doubler à l’issue d’un nouveau procès tenu au tribunal de Ngozi. La première procédure avait été annulée après que la cour d’appel s’est déclarée incompétente. Rejugée sur des accusations différentes, elle a finalement été reconnue coupable d’“atteinte à l’intégrité du territoire national” et d’“aversion raciale”, selon Reporters sans frontières (RSF).

Pour son avocat, Maître Rémy Nsabimana, cette nouvelle décision est dépourvue de fondement juridique. Il estime que les faits reprochés ne correspondent à aucune infraction prévue par le code pénal burundais, et qu’aucun indice sérieux ne permet de soutenir une culpabilité. « Il n’y a aucune base légale pour une telle condamnation. L’acquittement aurait dû s’imposer. Interjeter appel reste la seule voie possible », a-t-il déclaré.

RSF dénonce de son côté une persécution systématique. L’organisation rappelle que la journaliste avait été arrêtée pour avoir simplement relayé un message dans un groupe WhatsApp professionnel, un acte qui ne saurait constituer un crime. L’ONG critique également les manœuvres ayant prolongé sa détention : arrestation jugée arbitraire, changement d’accusations, conflits de compétence judiciaire et refus répété de liberté provisoire malgré la fragilité de son état de santé.

Pour RSF, la sévérité de la peine illustre une volonté de criminaliser l’exercice du journalisme et d’étouffer toute voix critique. L’organisation appelle à la libération immédiate de Sandra Muhoza, la seule femme journaliste actuellement en détention dans toute l’Afrique subsaharienne. Dans son communiqué, RSF  rappelle que le Burundi occupe la 125ᵉ place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2025.

Des milliers de vies en exil : le Burundi débordé par la détresse congolaise

Des milliers de vies en exil : le Burundi débordé par la détresse congolaise

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) alerte sur la gravité de la situation humanitaire au Burundi, débordé par l’arrivée continue de dizaines de milliers de réfugiés fuyant les violences dans le Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Les structures d’accueil sont saturées et une aide d’urgence devient vitale.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) exprime sa vive préoccupation face à la dégradation rapide de la situation humanitaire au Burundi. Le pays fait face depuis plusieurs semaines à un afflux massif de réfugiés et de demandeurs d’asile en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), poussant les capacités d’accueil à leurs limites.

Selon les données les plus récentes du HCR, les centres de transit et les sites informels où sont hébergés les nouveaux arrivants dépassent dans certains cas les 200% de leur capacité initiale. Les besoins humanitaires, déjà importants, atteignent aujourd’hui un point critique.

Depuis le début du mois de décembre 2025, plus de 84 000 personnes ont franchi la frontière burundaise pour échapper aux affrontements dans la province du Sud-Kivu. Cette vague de déplacements a porté le nombre total de réfugiés et de demandeurs d’asile au Burundi à plus de 200 000, accentuant une tension déjà forte sur les ressources locales.

Sur le site de l’Office de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le HCR décrit une situation alarmante : chaque jour, des milliers de personnes arrivent à pied ou par bateau, épuisées, traumatisées et souvent sans ressources. Les femmes et les enfants constituent la majorité des nouveaux arrivants. Certains témoignages rapportent que des femmes enceintes n’ont pas eu accès à de la nourriture depuis plusieurs jours.

La surpopulation dans les sites d’accueil provoque de graves pénuries d’eau et de nourriture, tout en augmentant le risque d’épidémies telles que le choléra. Le HCR prévient que, sans soutien international rapide, la crise pourrait s’aggraver dans les semaines à venir.

Par ailleurs, l’agence onusienne estime que plus de 500 000 Congolais ont dû fuir leurs foyers à cause des violences, des attaques et des bombardements qui secouent la région. Pour répondre aux besoins urgents des réfugiés au Burundi, le HCR lance un appel de fonds de plus de 47 millions de dollars pour les quatre prochains mois.

Enfin, l’organisation invite toutes les parties en conflit à respecter les engagements pris dans le cadre des récents efforts de paix et à garantir la protection des civils.

 

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