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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : 68 violations des droits humains recensées en mars, la Ligue Iteka dénonce l'impunité

Par: Nadège Irakoze

Au moins 68 cas de violations des droits de l’homme ont été recensés au cours du mois de mars 2026, selon un rapport publié mercredi 8 avril par la Ligue burundaise des droits de l’homme Iteka, qui alerte sur la persistance d’un climat d’impunité dans le pays.

Quand l’administration pénitentiaire fait payer les prisonniers

Quand l’administration pénitentiaire fait payer les prisonniers

Par: Balthazar Miburo


Les prisonniers de la centrale de Mpimba à Bujumbura dénoncent la mesure de l’administration pénitentiaire leur imposant de financer eux-mêmes la réhabilitation des bâtiments endommagés par l’explosion survenue à la brigade logistique. Ils jugent cette décision injuste, estimant qu’un fonds public est déjà prévu pour ce type de travaux.

Les détenus de la prison centrale de Mpimba font entendre leur colère. Ils refusent la décision de l’administration qui exige de chaque cellule une cotisation pour remettre en état les quartiers endommagés à la suite de l’explosion de munitions survenue récemment dans le camp militaire voisin.

Selon les informations recueillies sur place, plusieurs parties de la prison ont été gravement touchées par cette déflagration, notamment les quartiers 1B, 3A, 3B et celui réservé aux mineurs. Des toitures arrachées, des murs fissurés et des lits détruits : l’explosion n’a laissé que des ruines dans certaines cellules.

Privés de tout soutien officiel, les prisonniers s’organisent comme ils peuvent. « Chaque cellule tente de rassembler un peu d’argent pour acheter des clous et des matériaux, puis faire appel à un détenu bricoleur pour réparer les dégâts », témoigne une source interne. Une solidarité contrainte mais loin de satisfaire les détenus, qui estiment que l’administration pénitentiaire se décharge injustement de ses responsabilités.

La mesure a ravivé les tensions dans l’établissement. Elle fait suite à un désaccord entre le représentant des détenus et le responsable des affaires sociales de la prison, ce dernier exigeant la collecte des fonds. Le représentant s’y est opposé, rappelant qu’un fonds public destiné à la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires existe déjà.

« Nous ne comprenons pas pourquoi on nous impose une telle charge, alors que ce fonds est censé servir à ces réparations », s’indignent plusieurs détenus. Ils appellent à la suspension immédiate de cette décision, arguant que leurs ressources sont déjà trop limitées pour couvrir leurs besoins essentiels, dans des conditions de vie précaires.

Contacté par la radio RPA, le directeur de la prison n’a pas souhaité répondre aux sollicitations.

7 avril : le monde se recueille en mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda

7 avril : le monde se recueille en mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda

Par: Elode Divin Remesha

Chaque 7 avril, le Rwanda et la communauté internationale marquent la Journée internationale de réflexion sur le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Instaurée par l’ONU en 2003, cette date ouvre aussi, au Rwanda, la période de commémoration appelée Kwibuka.

Ce 7 avril, le monde se souvient du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, dont la Journée internationale de réflexion a été instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2003. La date correspond au début, en 1994, de l’une des pires tragédies du XXe siècle, au cours de laquelle plus d’un million de personnes ont été tuées en une centaine de jours.

Au-delà du Rwanda, cette journée est devenue un moment de mémoire universelle, dédié aux victimes et aux survivants, mais aussi à la réflexion sur les mécanismes qui mènent aux violences de masse. En 2018, l’ONU a d’ailleurs précisé l’intitulé officiel de cette commémoration, désormais appelée « Journée internationale de réflexion sur le génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda ».

Dans son message publié à l’occasion de cette journée, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, rappelle que le devoir de mémoire doit s’accompagner d’une vigilance active. « Commémorer les morts ne suffit pas. Nous devons tirer les leçons des échecs du passé et protéger les vivants, en rejetant la haine, les propos incendiaires et l’incitation à la violence », souligne-t-il en appelant les États et les sociétés à lutter fermement contre la montée des discours de haine.

Les Nations Unies rappellent que les messages de haine, la désinformation et l’incitation à la violence constituent des signaux d’alerte qui peuvent, s’ils ne sont pas contrés, conduire à de nouvelles tragédies. Pour l’Organisation, la prévention passe notamment par l’éducation, la promotion des droits humains et la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes de masse.

Au Rwanda, le 7 avril marque également le début de la période de Kwibuka, qui signifie « se souvenir » en kinyarwanda. Pendant cent jours, à l’image de la durée du génocide, le pays organise des cérémonies officielles, des veillées, des témoignages de survivants et des activités de sensibilisation, afin d’honorer la mémoire des victimes et de renforcer le message du « plus jamais ça ».

 

Burundi : explosion du nombre de détenus, la justice en accusation

Burundi : explosion du nombre de détenus, la justice en accusation

Par: Davy Claude Mbananayo

En 2025, la population carcérale du Burundi a bondi de 25%, selon le dernier rapport de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH). Une situation que l’organisation attribue aux failles récurrentes du système judiciaire et à la lenteur des procédures.

Le nombre de personnes incarcérées dans les prisons du Burundi a connu une augmentation spectaculaire au cours de l’année 2025. D’après le rapport annuel de l’APRODH publié le 31 mars 2026, les établissements pénitentiaires du pays comptaient en décembre dernier 12 825 détenus, contre 10 213 en janvier de la même année. Une hausse de plus de 25% qui illustre une surpopulation devenue alarmante.

Alors que la capacité totale d’accueil des prisons burundaises ne dépasse pas 4 294 places, certains établissements hébergent aujourd’hui près de trois fois leur capacité. L’organisation de défense des droits humains tire la sonnette d’alarme quant à la dégradation rapide des conditions de détention et l’insalubrité qui en découle.

Selon l’APRODH, cette situation trouve ses causes dans plusieurs dysfonctionnements structurels : arrestations arbitraires, procédures judiciaires interminables, absence de suivi des dossiers, notamment ceux à caractère politique, ainsi que le maintien illégal en détention de personnes ayant déjà purgé leur peine. L’organisation regrette également le faible recours aux peines alternatives, comme les travaux d’intérêt général, pourtant prévus par la loi burundaise.

Des juristes et observateurs indépendants vont plus loin et estiment que cette crise carcérale traduit les failles profondes du système judiciaire. Certains dénoncent une justice instrumentalisée par le pouvoir, servant parfois de moyen de pression ou de répression contre les voix critiques et les opposants politiques.

En conclusion de son rapport, l’APRODH appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour désengorger les prisons et améliorer les conditions de vie des détenus. L’association déplore toutefois que ses recommandations soient rarement prises en compte, ce qui freine toute perspective de réforme durable du système pénitentiaire burundais.



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