Violences au camp de Nduta : des réfugiés burundais blessés et des femmes violées après des tirs de gaz lacrymogènes
Par: Génèrose Niyonkuru
Les réfugiés burundais du camp de Nduta, en Tanzanie, ont vécu une nuit de panique ce dimanche 19 avril, après des tirs de gaz lacrymogènes attribués à des jeunes du parti au pouvoir, le CCM. Le bilan fait état de plus de dix-huit blessés, tandis que des femmes ont été victimes de violences sexuelles dans la même journée.
C’est dans la soirée de ce dimanche, vers 20 heures, heure de Bujumbura, que les faits se sont produits. Des réfugiés burundais rassemblés dans un endroit appelé « Departure » affirment avoir vu des Wanamugambo, des jeunes affiliés au parti au pouvoir en Tanzanie, le CCM. Selon leurs témoignages, ces derniers ont lancé des gaz lacrymogènes, provoquant la dispersion des réfugiés dans la panique.
« Il y a eu des coups de feu. Des gens se sont dispersés. On n’a pas su où se cacher », témoigne une femme réfugiée.
Plus tôt dans la journée, des réfugiés qui s’étaient rendus chercher de l’eau, faute d’approvisionnement dans le camp, affirment avoir été pris pour cible. Des femmes parties également chercher du bois de chauffage disent avoir été agressées, certaines ayant été violées.
« Le matin, le responsable du camp nous a donné la permission d’aller chercher du bois de chauffage. Mais par après, les femmes ont été violées. On a été trompés par le responsable. Certaines ont été violées, d’autres ont été tabassées. On les a conduites à l’hôpital de MSF. Le responsable du camp faisait partie de ce groupe, il a blessé une femme », rapporte un autre témoignage.
Malgré la gravité des faits survenus au cours de cette journée, les réfugiés indiquent que, jusqu’à la mi-journée de ce lundi, aucun responsable ne s’était rendu sur place pour s’enquérir de leur situation.

