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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : des citoyens emprisonnés pour des messages sur les réseaux sociaux tandis que d’autres échappent aux poursuites.

Par: Désiré Hatungimana

Au Burundi, des citoyens ont été emprisonnés pour avoir relayé ou publié des messages sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres continuent de diffuser publiquement des propos controversés sans faire l’objet de poursuites. Cette situation relance le débat sur l’égalité de tous les citoyens devant la loi.

Le principe d’égalité devant la loi entre les citoyens burundais, indépendamment de leur origine ou de leur statut, continue de susciter des interrogations. Des affaires récentes ont mis en lumière des traitements judiciaires différents pour des faits liés à la diffusion d’informations ou d’opinions.

Le 13 avril 2024, la journaliste Sandra Muhoza a été arrêtée après avoir relayé sur un groupe WhatsApp des informations selon lesquelles le parti au pouvoir distribuait des machettes à la jeunesse Imbonerakure. Elle a été inculpée pour atteinte à la sécurité nationale et aversion raciale. Après avoir passé près de deux ans en détention, elle a finalement été libérée.

Quelques semaines plus tôt, le 19 mars 2024, le docteur Patrick Bitangumutwenzi avait lui aussi été arrêté par les services de renseignement burundais. Il était accusé des mêmes infractions après avoir exprimé sur WhatsApp une opinion concernant l’exhumation des restes de victimes des différentes crises qu’a connues le Burundi.

D’autres personnes ont également été emprisonnées pour des messages diffusés sur WhatsApp. Parmi elles figurent Longin Bigirimana, ancien policier, et Léonce Kamatari, enseignant à Burunga. Ils avaient partagé des informations affirmant que le gouvernement prétendait protéger ses citoyens alors que ceux-ci souffraient de la faim et que certains étaient victimes d’enlèvements ou de disparitions.

Selon des témoignages, des détenus de la prison centrale de Mpimba restent incarcérés pour avoir relayé des informations qu’ils n’avaient pas eux-mêmes produites. Dans le même temps, les auteurs ou diffuseurs de messages à plus grande échelle ne font pas l’objet des mêmes mesures judiciaires.

Le cas de Thadée Nzigamasabo est régulièrement cité dans ce débat. Connu pour son émission « Bimenye ntaco Bitwaye », il a récemment lancé la Radio Rondera FM à Ngozi, dans la province de Butanyerera. Fondateur de Bimenye Burundi Communication Center, une structure présentée comme œuvrant pour le développement des citoyens, il est accusé par des sources membres de cette organisation d’orienter désormais ses activités vers des messages de division ethnique. Selon ces mêmes sources, des discours présentant les Tutsis comme des ennemis des Hutus seraient relayés aussi bien dans les productions du centre que sur les antennes de Rondera FM.

Ces situations alimentent les interrogations sur l’application du principe d’égalité devant la loi au Burundi. Elles soulèvent également des questions sur le rôle des institutions chargées de faire respecter la loi ainsi que celui des organes de régulation des médias dans le traitement des discours diffusés dans l’espace public.

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