Bujumbura : le marché de Jabe passe en horaires de nuit, entre opportunités et défis
Par: Davy Claude Mbananayo
À la commune Mukaza, l’extension des horaires du marché de Jabe jusqu’à 21 heures est globalement bien accueillie par les commerçants, qui y voient un moyen d’augmenter leurs revenus et d’attirer une nouvelle clientèle en soirée. Mais entre manque de transport et coupures d’électricité, cette mesure révèle aussi les limites de l’activité commerciale nocturne à Bujumbura.
Une nouvelle dynamique est en train de se dessiner au marché de Jabe, en commune Mukaza, mairie de Bujumbura. Depuis une semaine, l’administration communale a décidé de prolonger les heures d’ouverture de ce marché, qui ferme désormais à 21 heures au lieu de 17 heures. Une mesure qui change le rythme de la vie commerciale dans ce quartier populaire de la capitale.
Les commerçants rencontrés sur place se disent dans l’ensemble satisfaits de cette décision. Ils expliquent qu’elle leur permet de travailler plus longtemps et de mieux répondre aux besoins des clients qui terminent leur journée tard. « L’un des principaux avantages, c’est l’élargissement des horaires, témoignent-ils. Avant, dès 17 heures, le marché se vidait et plus personne ne venait acheter. Maintenant, ceux qui quittent le travail en début de soirée peuvent passer au marché pour faire leurs courses. C’est une vraie opportunité pour nous. »
Cette extension des heures ouvre aussi la porte à une nouvelle habitude de consommation en soirée, dans une ville où la plupart des marchés ferment encore relativement tôt. Mais si l’initiative est saluée, des défis importants demeurent.
Les commerçants pointent notamment les difficultés de transport pour les clients comme pour eux-mêmes. « Tous ceux qui fréquentent le marché de Jabe ne vivent pas à proximité. Certains viennent de Carama, Bwiza ou Nyabugete. Avec les problèmes de déplacement, beaucoup ne peuvent pas rester jusqu’à 21 heures, faute de moyens pour rentrer en toute sécurité », expliquent-ils.
Autre obstacle majeur : les coupures fréquentes d’électricité. Travailler en soirée, dans l’obscurité ou avec un éclairage insuffisant, complique les transactions, réduit la visibilité sur les produits et fait fuir une partie de la clientèle. Les commerçants demandent ainsi aux autorités de prévoir des solutions adaptées, notamment la mise à disposition d’un groupe électrogène ou l’amélioration de l’éclairage public autour du marché, afin de sécuriser et soutenir le commerce nocturne.
Lors du lancement officiel de cette mesure, le 24 mars, l’administratrice de la commune Mukaza, Aline Bigirimana, a indiqué que ce projet pourrait être étendu à d’autres marchés de la commune.

