Gitega s’oppose au rapatriement du corps de son diplomate victime du Covid-19

Le gouvernement du Burundi a refusé le rapatriement du corps de son premier secrétaire à l’ambassade du Burundi en Tanzanie. Amos Ndimurwanko est décédé le 13 de ce mois de Mai à Arusha où il était en mission diplomatique. Emporté par le coronavirus, Gitega a refusé qu’il soit inhumé au Burundi en présence de sa famille, pour éviter la propagation de ce virus.

Amos Ndimurwanko était premier secrétaire à l’ambassade du Burundi en Tanzanie depuis 2014. Décédé des suites du coronavirus, il y a deux semaines, sa famille avait souhaité qu’il soit enterré au Burundi où résident certains de ses enfants, nous a confié notre source à la diplomatie burundaise. Un souhait qui ne sera pas réalisé suite au refus de Gitega. Le ministère burundais des affaires étrangères a signifié à la famille qu’il n’est pas autorisé à rapatrier le corps, précise notre source. Et comme motif de ce refus, Gitega a expliqué que c’est pour éviter toute probable contamination au coronavirus des habitants du Burundi par cette famille, vu que le diplomate avait été testé positif au corona.

Face à ce refus du gouvernement du Burundi, la Tanzanie a exigé de son côté une demande officielle de l’enterrer sur son sol. En principe, un diplomate qui décède est normalement inhumé dans son pays, d’où la Tanzanie n’a pas permis qu’il soit enterré à Arusha sans la demande officielle de la part du gouvernement burundais avec justification du refus du rapatriement de son diplomate.

Amos Ndimurwanko était également responsable du bureau burundais de liaison avec l’EAC à Arusha. C’est le secrétaire permanent de l’EAC, Libérât Mpfumukeko qui est en train d’organiser son enterrement à Arusha, un enterrement qui ne peut être fait qu’après la demande officielle du gouvernement burundais.

Dans l’entretemps, pas de nouvelles déclarations sur la situation du coronavirus au Burundi depuis plus d’une semaine.

Le dernier communiqué du ministère de la santé et de la lutte contre le sida date du 17 mai. Dans ce communiqué, 15 nouveaux cas positifs au coronavirus ont été diagnostiqué parmi 104 personnes prélevées du 9 au 15 mai. Ce qui a ramené à 42 l’effectif total de personnes testées positives au Covid-19 au Burundi. Depuis, aucun autre cas de corona virus n’a été annoncé. Au sein du ministère de la santé, c’est le silence radio. Ici, d’aucuns se demandent s’il n’y a plus de gens qui attrapent cette pandémie ou si on ne fait plus de prélèvements.

Cela étant, même si le gouvernement de Gitega a toujours manifesté sa politique de cacher la réalité en rapport avec le Covid-19, 5 personnes auraient déjà été emportées par le coronavirus, trois à l’hôpital Kira, une à la clinique Prince Louis Rwagasore et une autre à l’hôpital Bumerec, tous de la municipalité de Bujumbura. Les informations en possession de la RPA révèlent qu’il y a même certaines hautes personnalités du pays qui auraient contracté le coronavirus. Il s’agit entre autre du ministre de la défense qui était absent au service pendant un certain temps. Emmanuel Ntahomvukiye a été revu le 25 mai dernier, lors de la proclamation des résultats provisoires des élections. Il en est de même pour Thaddée Ndikumana, ministre de la santé et de la lutte contre le sida. Les informations fournies par ses proches révèlent qu’il venait de passer lui aussi plus d’une semaine sans se présenter à son cabinet. C’est ce mercredi qu’on l’a revu au conseil des ministres.

Nous avons tenté de joindre le docteur Thaddée Ndikumana, ministre de la santé ainsi que Jean-Bosco Girukwishaka, porte-parole de ce même ministère, mais leurs téléphones sonnaient sans que personne ne décroche. Toutefois, lors d’une interview accordée au journal Iwacu ce mardi 26 mai, le docteur Jean-Bosco Girukwishaka a certifié que son patron se portait bien.

« Le ministre de la santé ne souffre pas du coronavirus. On s’en serait aperçu car nous faisons souvent des prélèvements pour identifier les cas positifs. Donc, ces informations qui circulent sur le ministre de la santé sont fausses car il se porte bien. Qu’il y ait l’un ou l’autre agent de santé qui contracte ce virus, c’est tout à fait normal car ils sont les plus exposés. Mais, cela n va pas nous empêcher de remplir notre devoir pour autant. » Dixit le porte-parole du ministère de la santé.

Pourtant, les informations en provenance des proches du docteur Thaddée Ndikumana, ministre ayant la santé dans ses attributions, font savoir qu’il vient de passer un séjour dans un des hôpitaux du Kenya et qu’il serait rentré sur Bujumbura ce mardi.