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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Burundi : de réfugié au Rwanda à diplômé d’un master à Bruxelles

Par: Walter Kwizera

Il y a onze ans, Jean de Dieu Ndayikeza quittait le Burundi et abandonnait ses études pour se réfugier au Rwanda. Aujourd’hui, ce jeune Burundais vient d’obtenir son master à la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Lors de la cérémonie de remise des diplômes, il a partagé son parcours et appelé les jeunes confrontés aux difficultés à ne pas perdre espoir et à continuer de croire en leurs rêves.

Alors qu’il était encore un jeune garçon vivant dans un village rural au Burundi, Jean de Dieu Ndayikeza a été contraint de quitter l’école et de fuir son pays. Il s’est retrouvé dans un camp de réfugiés au Rwanda.

Il raconte avoir connu une période difficile, marquée notamment par le manque de nourriture, d’eau et d’électricité, mais aussi par la perte d’espoir.

Onze ans plus tard, son parcours a pris une autre direction. Il vient d’obtenir son master à la Vrije Universiteit Brussel, une université néerlandophone située à Bruxelles. Devant l’assistance réunie pour la cérémonie de remise des diplômes, il a prononcé un discours au nom de la promotion 2026.

Jean de Dieu Ndayikeza a dédié sa réussite à toutes les personnes contraintes de fuir leur maison pour chercher la sécurité, en particulier aux jeunes vivant dans des camps de réfugiés à travers le monde et qui luttent pour retrouver l’espoir.

« Continuez à avancer. Continuez à croire en vos rêves », a-t-il déclaré à l’endroit de ces jeunes.

Selon lui, l’éducation et la paix permettent d’accomplir de grandes choses. Il a notamment évoqué différents parcours à travers le monde, du Burundi à la Belgique, du Pérou à la Palestine, de l’Inde à l’Ukraine ou encore de la Roumanie au Soudan.

Revenant sur ses débuts à la VUB, Jean de Dieu Ndayikeza a expliqué qu’il avait peur de la réaction de ses camarades lorsqu’ils découvriraient son histoire. Pour beaucoup d’étudiants, a-t-il rappelé, cette réussite représente une première dans leur famille.

S’adressant aux diplômés de la promotion 2026, il les a félicités et leur a rappelé que leur diplôme témoigne de leur persévérance et de leur capacité à transformer leurs rêves en réalité.

« Ce diplôme est la preuve de votre ténacité et de votre capacité à rêver et à transformer vos rêves en réalité », a-t-il déclaré.

Il les a également encouragés à ne pas douter de leurs capacités. « Lorsque vous doutez de vous-mêmes, rappelez-vous que vous pouvez réussir encore et encore », a-t-il ajouté.

Au nom de ses camarades récemment diplômés, Jean de Dieu Ndayikeza a remercié leurs familles, leurs amis, les professeurs, les assistants d’enseignement, ainsi que les employeurs qui leur ont offert des stages. Il a également remercié les agences d’intérim qui donnent du travail aux étudiants et la Ville de Bruxelles.

Jean de Dieu Ndayikeza a aussi évoqué les guerres et les conflits. Il a expliqué ne jamais avoir compris pourquoi les gens doivent se battre alors qu’ils peuvent choisir de s’écouter et de chercher des solutions aux conflits.

« Nous pouvons arrêter de nous battre, nous écouter et résoudre nos conflits », a-t-il déclaré, estimant qu’« il n’y a pas de gagnant » dans les guerres.

Il a rappelé que tous les êtres humains partagent une même maison, la Terre, aujourd’hui marquée par les conflits et la criminalité. Il a appelé les diplômés de la promotion 2026 à jouer leur rôle dans la construction de cette maison commune.

« Nous partageons tous la même maison : la Terre », a-t-il souligné.

Il les a encouragés à garder la tête haute, à penser par eux-mêmes et à accepter les différences d’opinion. Selon lui, ce sont les grandes personnes et les grandes idées qui permettent à la société d’avancer.

Alors que l’intelligence artificielle occupe une place de plus en plus importante dans l’apprentissage, Jean de Dieu Ndayikeza a également appelé à ne pas perdre l’humanité.

« Avec l’intelligence artificielle qui prend une place de plus en plus importante dans notre apprentissage, ne perdons pas notre humanité », a-t-il lancé.

Il a également plaidé pour que les personnes souvent négligées aient la possibilité de montrer ce dont elles sont capables, estimant que cela rendrait la société et le monde meilleurs.

Son propre parcours, a-t-il rappelé, en est une illustration. Le garçon qui avait été contraint de quitter l’école au Burundi il y a onze ans travaille aujourd’hui depuis Bruxelles, avec un diplôme en poche et un rêve.

Il a enfin invité l’assistance à imaginer un monde dans lequel tous les garçons et toutes les filles pourraient vivre dans la paix nécessaire pour pouvoir rêver.

« Mesdames et Messieurs, bâtissons ce monde », a-t-il conclu.

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