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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Avion présidentiel bloqué à Madrid : un ex-ambassadeur burundais au cœur d’un bras de fer financier

Par: Inès Gakiza

Immobilisé depuis des années en Espagne, le jet présidentiel burundais reste au centre d’un imbroglio diplomatique et financier. En cause : la confiscation de ses documents par un ancien ambassadeur, qui réclame le paiement d’importantes sommes d’argent.

L’affaire du jet présidentiel burundais, immobilisé depuis plusieurs années à Madrid, prend une tournure singulière. Selon des informations de la RPA, les documents essentiels de l’appareil ont été confisqués par l’ancien ambassadeur du Burundi en Afrique de l’Ouest, Cherif Aidara Bocoum, dans le but de faire pression sur l’État burundais.

Des échanges de courriels liés à l’acquisition de cet avion en 2014, consultés par la RPA, mentionnent déjà le nom de Cherif Aidara. Certains messages lui sont attribués et adressés au général Alain Guillaume Bunyoni, alors chef de cabinet civil du président Pierre Nkurunziza.

En 2017, lorsque l’avion a été envoyé en Espagne pour ‘’une révision technique’’, l’ambassadeur Aidara a été désigné par les autorités burundaises pour accompagner l’appareil. Une fois arrivé à l’aéroport de Cuatro Vientos, à Madrid, il a récupéré l’ensemble des documents de l’avion avant d’en informer les autorités.

D’après les mêmes sources, l’ancien diplomate a conditionné la restitution de ces documents au paiement de sommes importantes que l’État burundais lui devrait. En plus de ses fonctions diplomatiques en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest, Cherif Aidara, qui était très proche du président Nkurunziza,  a en effet mené plusieurs missions spéciales pour le compte du président Nkurunziza, dont certaines ne lui auraient jamais été rémunérées.

Depuis lors, le Gulfstream G-IV immatriculé 9U-BKB demeure cloué au sol à Madrid, faute de documents.

Interrogé en avril dernier sur cette situation, le président Évariste Ndayishimiye a affirmé ne pas pouvoir localiser la personne détenant les documents de l’appareil :’’L’avion doit quitter Madrid pour l’Angleterre. Il ne peut pas quitter Madrid sans documents. Et nous ne parvenons pas à localiser la personne qui détient ces documents.’’A répondu le président Ndayishimiye à un journaliste du journal en ligne Yaga.

Une déclaration qui suscite des interrogations. À son arrivée au pouvoir, Cherif Aidara Bocoum occupait encore ses fonctions de représentant du Burundi en Afrique de l’Ouest. Il a été relevé de ses fonctions en 2022. Selon certaines sources diplomatiques, le président Ndayishimiye le considère comme un escroc.

Figure bien connue des cercles diplomatiques burundais, Cherif Aidara est également l’époux de l’actuelle ambassadrice du Burundi en Tanzanie, Léontine Nzeyimana.

Aujourd’hui, les autorités burundaises se retrouvent dans une impasse. Récupérer les documents de l’avion impliquerait de s’acquitter de la dette réclamée par l’ancien ambassadeur. Mais ne pas la payer n’épargne pas non plus le gouvernement burundais, qui continue de supporter certains frais pour cet appareil immobilisé depuis des années à Madrid.

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