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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Butihinda : les habitants dénoncent la flambée des prix des boissons Brarudi et accusent des autorités de corruption

Par: Josiane Muzaneza

À Butihinda, en province de Buhumuza, la hausse des prix des boissons Brarudi suscite la colère des consommateurs. Des habitants accusent certains responsables administratifs et policiers de tolérer ces dépassements des tarifs officiels en échange de versements mensuels effectués par des commerçants.

La hausse des prix des boissons Brarudi prend de l’ampleur dans les différentes zones de la commune Butihinda. Dans la zone Gisanze, les consommateurs disent particulièrement subir cette situation, avec des prix qui atteignent parfois le double des tarifs officiellement fixés.

Un habitant de Gisanze décrit une situation devenue préoccupante. D’après lui, l’ancien Primus, officiellement vendu à 3 300 francs burundais, est actuellement proposé à 7 000 francs. La Primus Star, dont le tarif officiel est de 4 500 francs, connaît le même niveau de prix. La petite Primus, quant à elle, se vendrait à 5 000 francs.

Les boissons Amstel n’échappent pas à cette hausse. L’Amstel Bright est vendue jusqu’à 8 000 francs et l’Amstel Blonde atteint 10 000 francs, alors que le prix officiel de l’Amstel ne devrait pas dépasser 5 000 francs.

Pour les habitants interrogés, ces pratiques ne pourraient pas se poursuivre aussi ouvertement sans la tolérance de certains responsables locaux. Ils accusent notamment des autorités administratives et policières de fermer les yeux sur les dépassements de prix en contrepartie de sommes d’argent versées régulièrement par les tenanciers de bistrots.

Selon le témoignage recueilli, un système de collecte a même été mis en place dans les différentes collines de Gisanze. « Chaque bistrot donne au chef de zone et au chef de poste 20 000 francs par mois », affirme cet habitant. Il ajoute que des commerçants sont chargés de réunir les contributions sur chaque colline avant de les remettre aux autorités concernées.

La zone Gisanze est composée de cinq collines : Muzingi, Rugerero, Gisebeyi, Misasa et Bonero. La RPA n’a pas été en mesure d’identifier l’ensemble des personnes présentées comme chargées de cette collecte. Deux noms ont toutefois été cités par les habitants : Jean Marie Riyazimana, présenté comme collecteur sur la colline Muzingi, et un commerçant connu sous le surnom de Mayebo, qui serait chargé de la collecte à Rugerero.

Cette situation pousse les habitants à interpeller le gouverneur de Buhumuza. Ils lui demandent d’intervenir auprès des responsables placés sous son autorité afin de faire respecter les prix officiels et de mettre un terme aux pratiques de corruption qu’ils dénoncent.

La RPA n’a pas encore réussi à joindre Petit-Ernest Cishatse, chef de zone Gisanze, cité dans ces accusations, ni Carine-Bélyse Dukundane, administratrice de la commune Butihinda. Leurs réactions aux accusations formulées par les habitants restent donc attendues.

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