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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Gishubi : des habitants dénoncent le mesurage de leurs terres et craignent une spoliation

Par: Elvis Niyomwungere

Les habitants de la zone Gishubi, en commune Gishubi, province de Gitega, expriment leur inquiétude après des opérations de mesurage de terres menées par des autorités locales sur différentes collines sans leur consentement. Ils redoutent une tentative de spoliation de leurs propriétés, qu’ils affirment exploiter depuis plusieurs décennies, alors que beaucoup ne disposent plus de titres fonciers détruits lors de la crise de 1993.

Selon les habitants, le chef de zone Pie Nduwimana a envoyé ses collaborateurs procéder au mesurage des terres sur différentes collines sans consulter les propriétaires. Ils disent avoir été surpris par cette opération.

« Nous avons été surpris lorsque le 19 mars nous avons vu le chef de zone Pie Nduwimana envoyer son conseiller nommé Eric Ngendakumana, accompagné d’un notable de la colline Ruhangi et de trois autres personnes dont son employé Mathias surnommé Suguru. Ils ont commencé à mesurer des terres situées dans cette zone sans s’adresser à aucun des propriétaires alors même que ceux-ci étaient présents, tout comme certains de leurs employés. Ils n’ont demandé l’avis de personne, ils ont simplement mesuré là où ils jugeaient nécessaire puis sont partis. Nous ne savons même pas ce qu’ils étaient en train de mesurer exactement », témoigne un habitant.

Les habitants affirment que ces terres leur ont été attribuées dans les années 1930 sous l’administration monarchique pour diverses activités agricoles et d’élevage, et contestent les affirmations selon lesquelles il s’agirait de terres de l’État.

« Ils disent qu’ils sont en train de mesurer des terres de l’État ou des terres qui auraient été prises à l’État ou encore considérées comme appartenant à l’État. Mais pour nous, ces terres ne sont pas celles de l’État car elles sont exploitées par des habitants depuis 1930. C’est à cette époque que ces terres ont été attribuées par le roi Mwambutsa pour différentes raisons, certains les ont reçues pour y pratiquer l’élevage ce qui continue encore aujourd’hui, d’autres pour s’y installer car la population était encore faible et les collines étaient peu habitées », ajoute un autre habitant.

Ils dénoncent également les exigences de documents prouvant la propriété des terres, affirmant que la majorité des titres fonciers ont été perdus lors des violences de 1993, au cours desquelles des maisons ont été incendiées.

« En 1993, tout le monde sait que ceux qui tuaient les gens ne leur laissaient pas le temps de sortir leurs biens avant d’incendier leurs maisons. Après ces violences, des militaires sont aussi intervenus et ont incendié les habitations qui n’avaient pas encore été brûlées. Dans ces conditions, demander aujourd’hui des documents de propriété dans la commune de Gishubi n’a pas de sens car personne ne peut en avoir conservé », affirme une source locale.

Les habitants demandent la suspension de cette opération, qu’ils jugent susceptible de provoquer des tensions. Ils appellent également le chef de l’État à vérifier la conformité de ces actions avec les instructions données, estimant que certaines dérives pourraient alimenter des conflits au sein de la population.

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