Journée mondiale des compétences des jeunes : le Burundi face aux défis de la formation et de l’emploi
Par: Davy-Claude Mbananayo
Le monde célèbre ce 15 juillet la Journée mondiale des compétences des jeunes, instaurée par les Nations Unies en 2014 pour promouvoir l’éducation, la formation professionnelle et le développement des compétences. Cette célébration intervient alors que le Burundi fait encore face à d’importants défis dans la formation des jeunes, leur accès à l’emploi et leur autonomie économique.
Instituée par les Nations Unies en 2014, cette journée met en lumière le rôle essentiel de l’éducation, de la formation professionnelle et du développement des compétences dans l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Elle appelle les États et les partenaires à renforcer les opportunités d’apprentissage afin de préparer la jeunesse aux défis économiques et technologiques actuels.
Au Burundi, malgré les efforts entrepris pour renforcer l’enseignement technique et professionnel, un décalage persiste entre les formations dispensées et les besoins réels du marché du travail.
De nombreux établissements d’enseignement technique et professionnel continuent de faire face à un manque d’équipements adéquats et d’infrastructures adaptées. Cette situation limite l’acquisition de compétences pratiques indispensables à l’insertion professionnelle des jeunes et explique en partie les difficultés rencontrées par de nombreux diplômés pour trouver un emploi correspondant à leur formation.
Le chômage des jeunes reste également une préoccupation majeure. Plusieurs jeunes dénoncent l’existence du favoritisme et du népotisme dans les recrutements. Certains estiment que l’appartenance au parti au pouvoir constitue parfois un avantage pour accéder à certains emplois, notamment dans les services publics.
Face à ce contexte, un nombre croissant de jeunes choisissent de quitter le pays afin de rechercher des opportunités d’emploi dans les pays voisins.
Les inégalités d’accès aux compétences numériques constituent un autre défi important. Une grande partie de la jeunesse, particulièrement dans les zones rurales, ne dispose ni d’un accès régulier à Internet ni des outils technologiques nécessaires pour développer des compétences adaptées aux exigences de l’économie numérique.
Pour relever ces défis, plusieurs pistes sont évoquées par les jeunes et les spécialistes. Elles concernent notamment une meilleure adaptation des programmes de formation aux besoins du marché du travail, le renforcement de l’enseignement technique et professionnel, le développement des compétences numériques, l’accès aux stages et aux formations pratiques, ainsi qu’une plus grande participation des jeunes filles aux filières techniques et professionnelles.
Selon les experts, investir dans le développement de compétences utiles, notamment dans les métiers techniques, les technologies numériques et l’entrepreneuriat, constitue l’une des solutions les plus efficaces pour réduire le chômage des jeunes et contribuer au développement économique du Burundi.

