Le flou persiste autour des fonds destinés à l’alimentation des détenus au Burundi
Par: Innocent-Valentin Singirankabo
La gestion des fonds destinés à l’achat de nourriture pour les détenus dans les prisons du Burundi soulève des interrogations. Sur les 2 milliards 491 millions 735 mille 640 francs burundais prévus à cet effet pour l’exercice budgétaire 2026-2027, seulement 2 millions 499 mille 750 francs ont déjà été utilisés, soit 0,10 % du budget.
Selon des informations recueillies auprès de sources proches de l’administration pénitentiaire, 131 444 kg de farine de maïs, 84 442 kg de haricots et 62 790 kg de farine de manioc ont été achetés et distribués dans les prisons de Gitega, Muramvya, Mpimba, Muyinga, Ngozi, Rumonge, Rutana, Bururi, Bubanza et Ruyigi.
La faible utilisation des fonds prévus pour l’alimentation des détenus suscite des interrogations, alors que les conditions de vie restent préoccupantes dans plusieurs prisons du pays, notamment en raison de l’insuffisance de nourriture. Plusieurs détenus sont victimes de différentes maladies, alors que leur organisme, affaibli par le manque d’alimentation, n’est plus suffisamment en mesure de résister aux maladies.
Selon les mêmes sources proches de l’administration pénitentiaire, la Direction générale chargée des affaires pénitentiaires explique que les quantités de nourriture déjà achetées restent faibles en raison des procédures d’attribution des marchés aux fournisseurs. Les dossiers d’appel d’offres relatifs à l’achat de vivres pour les détenus sont encore en cours de publication.

