Des enseignants de Buhumuza dénoncent des contributions forcées au profit du CNDD-FDD
Par: Balthazar Miburo
À Gisuru, dans la province de Buhumuza, des enseignants sont contraints de verser entre 5 000 et 10 000 francs burundais pour la construction d’un siège du parti CNDD-FDD. Ils dénoncent une pratique assimilable à de l’extorsion, d’autant qu’aucun reçu ne leur est remis et que les menaces de mutation planent sur ceux qui refusent de payer.
Dans la commune de Gisuru, les enseignants disent vivre sous pression. Des contributions financières leur sont imposées pour financer la construction d’un bâtiment appartenant au parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces prélèvements s’effectuent sans transparence et s’accompagnent de menaces administratives.
« Chaque enseignant doit verser 5 000 francs burundais, tandis que les directeurs d’établissement doivent payer 10 000 francs. Les enseignants de niveau D6 donnent 4 000 francs, ceux de niveau D7, 5 000 francs. On nous dit que cet argent sert à construire le siège du parti CNDD-FDD au niveau national », explique un enseignant qui a requis l’anonymat.
Ce qui inquiète davantage les enseignants, c’est la récurrence de ces paiements et l’absence de tout justificatif. Les contributions sont exigées chaque trimestre, et toute tentative de refus sera sanctionnée. « Nous versons ces montants tous les trois mois. Lorsque nous avons essayé d’arrêter, on nous a menacés de mutation. Pourtant, nous n’avons commis aucune faute », déplore un autre enseignant.
Cette pratique touche l’ensemble du personnel éducatif de la commune, y compris ceux qui ne sont pas membres du parti CNDD-FDD. Plusieurs enseignants y voient une atteinte à leurs droits et demandent aux autorités de mettre fin à ces contributions forcées, souvent perçues comme des prélèvements politiques déguisés.
Contacté pour réagir à ces allégations, Blaise Pascal Misago, directeur provincial de l’Éducation à Buhumuza, n’a pas donné suite aux sollicitations de la rédaction.

