Le président burundais appelle les pays africains à ne pas fermer leurs frontières face à Ebola, alors que celle entre le Burundi et le Rwanda reste fermée depuis plus de deux ans
Par: Davy-Claude Mbananayo
Le président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, exhorte les pays africains à ne pas fermer leurs frontières dans le cadre de la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Son appel intervient alors que la frontière entre le Burundi et le Rwanda demeure fermée depuis plus de deux ans.
Le président de la République du Burundi, Évariste Ndayishimiye, s’est exprimé le 23 juin à l’occasion d’une visite officielle en République démocratique du Congo. Lors d’une conférence de presse tenue avec son homologue congolais Félix Antoine Tshisekedi à l’issue de cette visite, il a notamment abordé la question de l’épidémie d’Ebola, qui a récemment refait surface dans ce pays.
Au cours de cette conférence de presse, le président Ndayishimiye a indiqué que leurs échanges avaient notamment porté sur la lutte contre Ebola. Il a alors exhorté les États africains à privilégier la coopération plutôt que la fermeture des frontières.
« C’est pourquoi je profite de cette occasion pour appeler tous les États africains à rester solidaires. Au lieu de nous isoler les uns des autres, unissons-nous pour combattre cette épidémie. Je lance un appel à tous les gouvernements africains pour qu’ils ne ferment pas leurs frontières et qu’ils renforcent plutôt leur coopération dans la lutte contre cette maladie », a déclaré le président burundais.
Cependant, alors que le chef de l’État appelle les pays africains à maintenir leurs frontières ouvertes, la frontière entre le Burundi et le Rwanda demeure fermée jusqu’à ce jour. Cette situation continue d’avoir des répercussions sur la circulation des personnes et des biens entre les deux pays.
De nombreux citoyens, plusieurs organisations ainsi que des responsables de l’Église catholique ont à plusieurs reprises souligné les conséquences de cette fermeture sur les populations.
Lors d’une rencontre réunissant les évêques catholiques du Burundi et du Rwanda en mars dernier, Mgr Joachim Ntahondereye, membre de la Conférence des évêques catholiques du Burundi et du Rwanda, a exprimé sa préoccupation face à cette situation.
« Nous sommes attristés de constater que les frontières entre nos deux pays restent fermées. Pour nous rendre à Kigali, nous sommes obligés de prendre l’avion ou de passer par la Tanzanie. Moi-même, en venant de Muyinga, j’ai dû effectuer un long trajet alors que Kigali est plus proche de moi que Bujumbura. Nous souhaitons que nos frontières soient rouvertes afin de permettre la libre circulation, les visites et les échanges commerciaux, comme cela se faisait auparavant », a-t-il déclaré.
Les inquiétudes liées à la fermeture de cette frontière ne concernent pas uniquement les Burundais. Le président de la Conférence épiscopale du Rwanda, Mgr Antoine Kambanda, a lui aussi plaidé pour la réouverture de la frontière entre les deux pays, estimant que les populations en subissent d’importantes conséquences.
« Les Burundais et les Rwandais sont des peuples frères. Il n’existe aucun problème entre les populations. C’est pourquoi nous demandons la réouverture de la frontière afin que les citoyens puissent se rendre visite, développer les échanges commerciaux et maintenir leurs relations. Cette fermeture affecte fortement nos activités ainsi que la vie quotidienne de nos populations », a-t-il affirmé.
La frontière entre le Burundi et le Rwanda est fermée depuis plus de deux ans.

