Camp de Nakivale : la pénurie d'eau expose les réfugiés à une recrudescence des maladies
Par: Génèrose Niyonkuru
La pénurie d'eau potable et d'eau destinée aux usages domestiques pendant cette saison sèche préoccupe fortement les réfugiés, dont les Burundais, vivant dans le camp de Nakivale, en Ouganda. Les points d'approvisionnement en eau sont insuffisants et les conséquences sur la santé des habitants deviennent de plus en plus inquiétantes.
Les réfugiés du camp de Nakivale font face à une grave pénurie d'eau en cette saison sèche. Selon une source au sein du camp, plusieurs puits creusés pour permettre aux réfugiés de s'approvisionner en eau destinée aux usages domestiques se sont asséchés, aggravant une situation déjà difficile.
L'accès à l'eau potable est encore plus préoccupant. D'après cette même source, les habitants d'au moins cinq villages sont contraints de partager un seul point d'approvisionnement en eau. Certains réfugiés doivent parcourir plus de cinq kilomètres pour aller chercher de l'eau, faute d'autres points de distribution.
Cette pénurie a des répercussions directes sur la santé des réfugiés. Selon notre source, les cas de fièvre typhoïde et de maladies parasitaires intestinales, notamment chez les jeunes enfants, sont fréquents. Ces maladies sont principalement attribuées à la consommation d'une eau insalubre, contaminée par des déchets. Faute d'alternative, de nombreux réfugiés consomment cette eau sans la faire bouillir.
« À Nakivale, le soleil est très intense. Depuis le mois d'avril jusqu'à aujourd'hui, la chaleur est très forte. Il y a bien quelques moments où il fait un peu frais, mais ils sont rares. Les enfants qui vont à l'école souffrent énormément de cette chaleur. Les conséquences sont graves : beaucoup de personnes tombent malades de la fièvre typhoïde. Cette maladie est largement répandue à cause de la mauvaise qualité de l'eau, qui est souvent contaminée. La situation est très difficile. Heureusement, jusqu'à présent, Dieu nous a protégés : il n'y a pas d'épidémie de choléra ni de dysenterie. S'il existe quelques cas, ils restent isolés. En revanche, la maladie qui frappe le plus le camp de Nakivale est la fièvre typhoïde. Beaucoup de personnes en souffrent, et certaines en meurent. Dans les structures sanitaires, la majorité des patients sont atteints de cette maladie. On peut alors se demander : que fait le HCR ? De son côté, le HCR affirme qu'il manque de moyens financiers. L'OPM tient le même discours. Pourtant, le gouvernement ougandais avait lancé, il y a environ deux ans, un projet de distribution d'eau en installant des conduites. L'eau avait effectivement été acheminée, mais aujourd'hui, deux ans plus tard, ces canalisations sont déjà hors d'usage », témoigne cette source.
Les réfugiés, dont les Burundais vivant dans le camp de Nakivale, lancent un appel aux autorités et aux organisations humanitaires afin que des solutions durables soient apportées à cette grave pénurie d'eau, dont les conséquences sur leur santé deviennent de plus en plus alarmantes.

