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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

La majorité des réfugiés burundais à Nakivale confrontés à des conditions de vie difficiles après la suspension de l’aide

Par: Innocent-Valentin Singirankabo

La majorité des réfugiés burundais installés dans le camp de Nakivale, en Ouganda, peinent à répondre à leurs besoins depuis l’arrêt de l’aide alimentaire dont ils bénéficiaient. Pour survivre, certains se tournent vers les travaux agricoles, alors que d’autres cherchent des revenus à Kampala. Parmi ces derniers figurent des jeunes filles qui quittent le camp pour trouver du travail, avec des conséquences parfois difficiles.

La situation s’est dégradée depuis le début de l’année 2025, lorsque les réfugiés ont appris la fin de l’aide alimentaire qui leur était auparavant destinée. Cette suspension fait suite à l’arrêt du financement de l’Agence des États-Unis pour le développement international, USAID.

Depuis, les moyens de subsistance de la plupart des réfugiés burundais du camp reposent essentiellement sur les activités qu’ils parviennent à trouver. Certains travaillent dans les plantations de bananes. Selon l’un des réfugiés, la rémunération ne se fait pas toujours en argent.

« Nous vivons dans des conditions très difficiles. Ceux qui en ont la force vont travailler dans les plantations de bananes. Il arrive que les propriétaires ne les paient pas en argent, mais leur donnent plutôt des régimes de bananes qu’ils ramènent pour nourrir leurs enfants. Voilà les conditions dans lesquelles nous vivons », témoigne-t-il.

Pour ceux qui reçoivent une aide financière de membres de leur famille ou d’amis établis à l’étranger, une autre possibilité consiste à louer des terres agricoles. Les revenus tirés des récoltes leur permettent, lorsque celles-ci sont bonnes, de couvrir les besoins de leurs familles.

À Kampala, certains réfugiés trouvent également des moyens de gagner leur vie en conduisant des motos-taxis pour transporter des personnes ou des marchandises. Des jeunes filles se rendent elles aussi dans la capitale ougandaise à la recherche d’emplois.

Pour certaines d’entre elles, cette recherche de revenus se fait toutefois au détriment de leur scolarité et peut les exposer à des situations à risque. Un père de famille affirme que des jeunes filles qui devraient encore être à l’école partent travailler dans des hôtels à Kampala.

« D’autres quittent le camp et se rendent à Kampala pour chercher du travail afin de pouvoir continuer à vivre. Parmi eux, il y a des jeunes filles qui devraient normalement être à l’école. Aujourd’hui, certaines ont abandonné leurs études pour aller travailler dans des hôtels à Kampala. Lorsqu’elles reviennent au camp, il arrive qu’elles soient enceintes », explique-t-il.

Les difficultés liées à l’arrêt de l’aide touchent également le secteur de la santé. L’accès aux soins s’est fortement réduit pour les réfugiés du camp de Nakivale. En cas de maladie, disposer de ressources financières suffisantes devient souvent nécessaire pour pouvoir obtenir les soins dont ils ont besoin.

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