Muyinga : la pénurie de carburant fait flamber les tarifs de transport
Par: Elvis Niyomwungere
La pénurie de carburant à Muyinga perturbe fortement les activités de transport et entraîne une hausse des tarifs, contraignant certains habitants à se déplacer à pied. Les cinq stations-services de la région sont à sec, selon les témoignages recueillis auprès des habitants.
À Muyinga, les stations-services situées devant l’hôpital général, près des bureaux d’Econet Leo, au grand marché, ainsi qu’à Gitanga et Mukoni, sont toutes à l’arrêt et recouvertes de bâches.
La rupture de stock d’essence et de mazout affecte directement les déplacements des habitants. Les tarifs de transport ont fortement augmenté, au point que certains résidents renoncent aux moyens de transport et parcourent leurs trajets à pied, faute de pouvoir payer les nouveaux prix.
« Ici, dans la ville de Muyinga, le carburant est totalement indisponible. Il n’y a plus du tout de carburant. Le mazout est également en rupture de stock. L’essence a d’abord manqué, puis le mazout a suivi. Cela fait longtemps que nous sommes dans cette situation : nous ne recevons plus d’essence, même pas de mazout », témoigne un habitant.
Privés d’approvisionnement dans les stations-services, de nombreux conducteurs de voitures et de motos se rabattent sur le marché noir. Ils dénoncent les prix élevés auxquels ils doivent acheter le carburant, une charge qu’ils répercutent sur les usagers pour continuer à exercer leur activité.
Les tarifs pratiqués illustrent l’ampleur de cette hausse. Le trajet entre Muyinga et Karusi coûte entre 10 000 et 12 000 francs burundais, tandis que celui vers Gitega est facturé entre 20 000 et 25 000 francs. Pour se rendre de Muyinga à Kobero, les voyageurs doivent également payer entre 10 000 et 12 000 francs. Les courses en moto-taxi ne sont pas épargnées : même pour les trajets les plus courts, le prix atteint 1 500 francs burundais.
Les habitants de Muyinga appellent le gouvernement burundais à prendre des mesures urgentes pour rétablir l’approvisionnement en carburant. Ils espèrent ainsi une baisse des tarifs de transport et une reprise normale des activités économiques dans la région.

