Burundi : des tenues similaires aux uniformes militaires et policiers toujours portées malgré l’interdiction
Par: Eloge-Divin Remesha
Des vêtements ressemblant à ceux des militaires et des policiers continuent d’être portés par certains citoyens dans différentes localités du pays, malgré une interdiction émise par l’armée burundaise en 2023. Cette situation suscite des interrogations au sein de la population, qui s’étonne du non-respect apparent de cette mesure.
L’armée burundaise avait interdit aux civils, sans exception, le port et la commercialisation de tenues similaires à celles des forces de défense et de sécurité. Cette décision avait été annoncée en septembre 2023 par le porte-parole de l’armée, Floribert Biyereke, qui avait précisé que toute personne en possession de ces vêtements disposait d’un délai de deux semaines pour les remettre aux unités militaires les plus proches, sous peine de sanctions prévues par la loi.
Sur le terrain, des habitants affirment que ces tenues sont toujours visibles dans différents quartiers du pays, en particulier en dehors du centre-ville de Bujumbura. Selon eux, ces vêtements continuent d’être portés par des civils, sans intervention visible des autorités.
Un habitant de la ville de Bujumbura affirme que ces tenues sont particulièrement visibles dans plusieurs quartiers. « Nous voyons des personnes qui portent toujours ces vêtements. Au centre-ville, on ne les voit plus, mais dans les quartiers, les gens les portent souvent », a-t-il déclaré.
À Gitega comme dans d’autres localités, des habitants indiquent que des jeunes Imbonerakure, affiliés au parti au pouvoir, figurent parmi les principaux utilisateurs de ces tenues. Ils évoquent également le port d’équipements similaires à ceux des forces de sécurité, parfois accompagnés de dispositifs de communication.
Les citoyens interrogés disent ne pas comprendre pourquoi l’application de cette interdiction ne semble pas effective sur l’ensemble du territoire. Certains estiment que l’absence de réaction des autorités chargées de faire respecter la mesure alimente des interrogations au sein de la population.
Sur le plan juridique, le Code pénal burundais en vigueur, dans son article 354, stipule que : « Quiconque s’est attribué faussement la qualité ou le grade de fonctionnaire public, ou a porté publiquement tout insigne ou emblème destiné à faire croire à l’existence d’un mandat public, est puni d’une servitude pénale d’un an à trois ans et d’une amende de dix mille francs à cent mille francs, ou de l’une de ces peines seulement. »

