Le représentant résident du FMI au Burundi plaide pour une réforme du marché des changes
Par: Eloge-Divin Remesha
Le Burundi ne pourra pas relancer durablement son économie sans réformer le fonctionnement de son marché des changes. C’est ce qu’a déclaré Samuel Delepierre, représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) au Burundi, actuellement en fin de mission dans le pays. Il estime que l’unification du taux de change, une plus grande flexibilité du marché et sa libéralisation progressive sont nécessaires pour résoudre les difficultés d’accès aux devises et relancer l’activité économique.
Dans un entretien récemment accordé au journal Burundi Eco, Samuel Delepierre a déclaré que la réforme du marché des changes constitue l’une des mesures économiques les plus importantes que le Burundi devrait mettre en œuvre.
Selon lui, les autorités burundaises devraient aligner le taux de change officiel du franc burundais sur celui du marché. Une telle réforme permettrait, d’après le représentant du FMI, de réduire les obstacles qui freinent l’économie et de faciliter l’accès aux devises étrangères.
Samuel Delepierre estime également que ces changements pourraient contribuer à réduire rapidement la pénurie de carburant, à attirer les investisseurs étrangers et à stimuler les secteurs exportateurs, notamment celui du café. Il ajoute que l’aide accordée au Burundi par ses partenaires au développement aurait une valeur plus importante une fois convertie en francs burundais.
Le représentant résident du FMI reconnaît toutefois que ces réformes sont sensibles sur les plans politique et économique. Il évoque notamment les inquiétudes liées au risque d’une nouvelle hausse des prix.
Pour lui, ces craintes ne devraient cependant pas constituer un obstacle à la réforme. Il rappelle que le système actuel de change n’a pas empêché une forte augmentation des prix, avec une inflation cumulée proche de 100 % depuis 2023.
Samuel Delepierre explique par ailleurs que la plupart des produits importés sont déjà achetés au taux de change du marché parallèle. Selon lui, un ajustement du taux officiel n’aurait donc pas d’impact majeur sur les prix de ces produits.
Les produits pétroliers pourraient toutefois être les plus touchés par ces changements. Le représentant résident du FMI recommande ainsi la mise en place de mesures d’accompagnement destinées à soutenir les ménages les plus vulnérables.
En fin de mission après trois années passées au poste de représentant résident du FMI au Burundi, Samuel Delepierre avertit enfin que l’absence de réforme du marché des changes pourrait maintenir le pays dans une situation de faible croissance économique, de hausse persistante des prix et de pénurie de devises étrangères.

