Enlèvements et extorsions : des policiers de l’escorte présidentielle sous enquête
Par: Elvis Niyomwungere
Un groupe de policiers de l’escorte présidentielle est accusé d’enlèvements et de vols ciblant des citoyens, sans être inquiété, soulevant des questions sur la possible complicité de leurs supérieurs.
Le 1er sergent de police Manirambona Pascal, l’AP2 Ndayizeye Jean‑Marie, le caporal-chef de police Miburo Jacques, le caporal-chef de police Ndaruzaniye Merthus, l’AP2 Irutingabo Clovis et l’AP2 Ahishakiye Pacifique formeraient un groupe de policiers régulièrement impliqués dans des enlèvements et des extorsions ciblant des citoyens. Ces faits sont confirmés par le porte-parole du ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique. Tous ces agents font partie de l’escorte du chef de l’État.
Selon nos informations, ils utilisent les véhicules du cortège présidentiel V8, pick-up et ambulance et se relaient dans ces fonctions pour mener leurs opérations. Ils disposent également d’un véhicule de service utilisé pour commettre ces actes et agissent de manière similaire aux services de renseignements lors d’enlèvements.
Mercredi 1er avril, ces policiers ont ciblé Nyandwi Gérard, résident de la zone Kamenge, quartier Mirango, à Bujumbura. Ils lui ont fait croire qu’ils avaient été dépêchés pour le convoyer, et il a accepté de démarrer son véhicule. Certains policiers sont montés avec lui tandis que d’autres le suivaient à bord du véhicule de police. Arrivés au centre-ville, ils lui ont indiqué qu’il faisait l’objet d’une enquête grave et qu’il risquait sa vie, mais qu’en leur remettant 20 millions de francs, il pourrait être libéré. Pour sauver sa vie, Nyandwi Gérard a réussi à réunir 15 millions de francs auprès de ses proches et amis, ce qui lui a permis d’échapper à la menace.
Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, Pierre Nkurikiye, a annoncé l’arrestation de cinq de ces policiers, sans préciser le propriétaire du véhicule impliqué. Il n’a pas non plus mentionné qu’ils faisaient partie de l’escorte présidentielle, ce qui alimente des interrogations sur la possible protection des véritables instigateurs de ces enlèvements.

