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“La voix des sans voix”

Burundi : le Conseil des droits de l’homme renouvelle le mandat du rapporteur spécial

Par: Digne Karondo

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a décidé de prolonger d’une année le mandat du rapporteur spécial sur les droits de l’homme au Burundi. L’ACAT-Burundi salue ce renouvellement et demande au gouvernement burundais de coopérer avec le rapporteur spécial.

Le mandat du rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme au Burundi est prolongé d’un an. La résolution a été adoptée ce 6 octobre 2026 par le Conseil des droits de l’homme, avec 22 voix pour, 7 contre et 17 abstentions sur les 46 pays membres.

Cette décision intervient après la présentation du rapport de Fortuné Gaëtan Zongo lors de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Dans ce document, le rapporteur spécial faisait état de la persistance des violations des droits de l’homme au Burundi, des entraves aux libertés politiques ainsi que des obstacles susceptibles d’empêcher une véritable compétition lors des prochaines élections présidentielles.

Les organisations de défense des droits de l’homme avaient également appelé au renouvellement du mandat du rapporteur spécial.

L’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, ACAT-Burundi, se félicite de la décision du Conseil des droits de l’homme. Pour cette organisation, le renouvellement du mandat montre que la communauté internationale continue de suivre la situation des droits humains au Burundi. L’ACAT-Burundi considère également que le rapporteur spécial fait partie des rares mécanismes indépendants permettant de suivre les violations des droits humains dans le pays.

Pour Me Armel Niyongere, président de l’ACAT-Burundi, le renouvellement du mandat constitue un signe que la situation des droits humains au Burundi reste suivie au niveau international. « La communauté internationale n’a pas tourné la page sur le Burundi et la question des droits humains reste préoccupante », a-t-il déclaré.

Armel Niyongere estime par ailleurs que le mécanisme du rapporteur spécial permet de suivre de manière indépendante ce qui se passe au Burundi. Selon lui, sans ce mécanisme, certaines violations des droits humains pourraient rester sans être connues.

Le président de l’ACAT-Burundi évoque également la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme. Il affirme que celle-ci condamne le harcèlement et les attaques visant les avocats, les défenseurs des droits humains, les journalistes et la société civile. « C’est exactement ce que nous constatons sur le terrain, où l’espace civique ne cesse de se refermer », a-t-il déclaré.

Armel Niyongere souligne toutefois que les 17 abstentions enregistrées lors du vote montrent, selon lui, que le soutien international au mécanisme n’est pas acquis. À l’approche des élections présidentielles de 2027, il considère que le travail du rapporteur spécial sera d’autant plus important.

Le président de l’ACAT-Burundi appelle ainsi le gouvernement burundais à coopérer pleinement avec le rapporteur spécial. Il lui demande notamment de lui permettre d’accéder au pays, de garantir la liberté des défenseurs des droits humains et de lutter contre l’impunité.

« Nous appelons donc le gouvernement du Burundi à coopérer pleinement avec le rapporteur spécial, à lui ouvrir l’accès au pays, à garantir la liberté de ceux qui défendent les droits humains et à lutter réellement contre l’impunité », a conclu Me Armel Niyongere.

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