Burundi : Les rapatriés de Tanzanie dénoncent le harcèlement des Imbonerakure
Par: Remy Nderagakura
Revenus récemment de Tanzanie, plusieurs Burundais affirment être victimes d’intimidations et de harcèlement dans leurs localités d’accueil. Ils pointent du doigt certains membres des Imbonerakure, qu’ils accusent de leur tenir des propos menaçants et humiliants. Ces rapatriés demandent à l’État d’assurer leur sécurité et de garantir leur réintégration dans la dignité.
Des témoignages concordants recueillis par la RPA font état de multiples cas de harcèlement dont sont victimes des Burundais rapatriés récemment de Tanzanie. Selon leurs récits, certains membres des Imbonerakure continuent à les intimider à travers des paroles jugées provocatrices et inquiétantes.
« Il arrive que vous soyez tranquillement assis quelque part, prenant un café ou un thé, et que trois ou quatre personnes s’approchent de vous. Ils sortent leurs téléphones et commencent à vous lancer des remarques blessantes », confie l’un des rapatriés.
Les propos rapportés par ces témoins laissent transparaître un climat de peur et de méfiance. Certaines phrases, telles que « Nous verrons si vous tiendrez deux mois » ou « Vous finirez par rentrer dans le rang », sont perçues comme des menaces voilées. D’autres raillent leurs cicatrices, évoquant les blessures subies avant ou pendant leur exil.
« Lorsqu’ils remarquent une trace sur votre corps, ils vous demandent ironiquement d’où elle vient, comme pour remuer le couteau dans la plaie », raconte un autre réfugié, visiblement ému.
Pour ces familles revenues des camps de réfugiés de la Tanzanie, la peur et l’isolement deviennent quotidiens. Certains témoignages évoquent même des promesses inquiétantes : « Dans deux mois, nous serons à égalité », sans qu’il soit possible d’en comprendre la véritable portée.
Les rapatriés demandent au gouvernement burundais d’intervenir sans délai afin d’assurer leur sécurité et de faire respecter leurs droits. Ils souhaitent être traités comme tous les autres citoyens, sans discrimination ni stigmatisation liée à leur retour d’exil.

