Camp de Nduta : cinq réfugiés burundais enlevés dans un climat de violences nocturnes
Par : Générose Niyonkuru
Cinq réfugiés burundais ont été enlevés dans la nuit du 11 février dans la zone 17 du camp de Nduta, en Tanzanie. Depuis plusieurs semaines, d’autres réfugiés affirment être victimes d’agressions nocturnes menées par des individus masqués. Ils dénoncent un climat de peur et accusent ces actes de viser à les contraindre à un retour forcé au Burundi.
Selon des témoignages recueillis sur place, les enlèvements ont eu lieu vers minuit. Parmi les personnes disparues figurent Maurice, Violette, Toyi Bahati et Dorcas, ainsi qu’un jeune garçon. Des individus non identifiés, portant des masques, sont entrés dans la zone avant d’emmener les victimes. Depuis, leur sort demeure inconnu.
Outre ces enlèvements, des réfugiés dénoncent des violences physiques répétées. Des hommes masqués les attaquent la nuit, les frappant parfois grièvement. Certains blessés se sont rendus auprès des équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) pour recevoir des soins.
Les réfugiés affirment également que des habitations ont été détruites dans plusieurs zones du camp, notamment dans les zones 7, 6 et 17. « La situation n’est pas facile pour ceux dont les maisons ont déjà été détruites. Il reste peu de zones non touchées. Dans les zones 6 et 17, des gens sont pourchassés et sérieusement battus. Certains sont allés se faire soigner chez MSF après avoir été tabassés parce qu’ils restaient dans les décombres », explique un autre témoin.
Les victimes estiment que les auteurs de ces actes ne sont pas tanzaniens. « Nous pensons que ces gens ne sont pas des Tanzaniens. S’ils l’étaient, ils ne porteraient pas de masques, car nous ne les connaissons pas. Nous estimons qu’il y a aussi des Burundais parmi eux. Si ce ne sont pas des Imbonerakure venus du Burundi, ce sont des Burundais qui travaillent en complicité avec le gouvernement tanzanien », affirme un réfugié.
Depuis la fin de l’année 2025, des réfugiés burundais vivant dans les camps en Tanzanie disent subir de graves violations qu’ils présentent comme une pression destinée à les contraindre à rentrer au Burundi.

