Nyarugusu : le HCR salue la suspension de la démolition d’abris, les réfugiés réclament des actes
Au camp de Nyarugusu, en Tanzanie, des réfugiés burundais dont les maisons ont déjà été démolies restent sans abri malgré l’annonce de la suspension officielle des destructions. Ils réclament du HCR non seulement un toit, mais aussi la réouverture des écoles et des centres de santé, indispensables à une vie digne.
Dans un message publié ce lundi, 12 janvier, sur son compte officiel X, le HCR Tanzanie a publié que le gouvernement tanzanien a suspendu l’opération de destruction des habitations des réfugiés burundais. Annonçant aussi sa satisfaction par cette décision du gouvernement tanzanien.
Les réfugiés burundais des zones 12 et 13 affirment avoir pris connaissance, via les réseaux sociaux, de cette publication du HCR Tanzanie. Pourtant, pour ceux dont les maisons ont déjà été rasées, cette annonce ne change rien au quotidien : ils sont toujours sans abri et exposés aux intempéries. « Nous avons vu cette déclaration du HCR mais nous avons de vives inquiétudes car nous, les personnes dont les maisons ont été démolies, nous n’avons vu nulle part dans cette déclaration une explication sur comment nous allons survivre dans cette situation difficile, surtout en cette saison des pluies », explique l’un des réfugiés. Il demande que des mesures claires soient annoncées pour leur permettre de reconstruire, obtenir des tentes ou tout autre hébergement d’urgence, et mettre leurs enfants à l’abri.
Les sinistrés demandent que le HCR respecte les engagements pris dans le camp et leur garantisse un logement adapté, au moins temporaire, en attendant une solution plus durable. Ils plaident aussi pour que soit envisagé un éventuel relogement dans un endroit réellement sûr, estimant que leur sécurité actuelle est « sérieusement menacée ». « Nous demandons aussi des moyens pour subvenir à nos besoins en attendant que le HCR puisse intervenir davantage, notamment en cherchant un lieu sûr où nous pourrions être relogés car la sécurité ici est sérieusement menacée », poursuit le même réfugié.
Au-delà du logement, les réfugiés dénoncent aussi la fermeture des établissements scolaires du camp, qui prive leurs enfants d’éducation et compromet leur avenir. Ils demandent que les écoles rouvrent et que les élèves puissent passer les examens nationaux, notamment ceux de la Necta, au même titre que les autres enfants vivant en Tanzanie.
Les réfugiés de Nyarugusu alertent également sur l’inaccessibilité des soins médicaux, conséquence directe de la fermeture des centres de santé du camp. Ils demandent au HCR de plaider auprès des autorités pour la réouverture de ces structures afin que les malades, les femmes enceintes et les enfants puissent être pris en charge.
Si, à Nyarugusu, la démolition des habitations des réfugiés burundais est pour le moment suspendue, au camp de Nduta, toujours en Tanzanie, les opérations se poursuivent. Selon des réfugiés sur place, policiers et les Basungusungu, ont continué ce mardi, 13 janvier, à détruire les décombres qui servaient encore d’abri provisoire aux familles déjà expulsées de leurs maisons. Les informations recueillies sur place affirment en outre que les habitants de la zone 18 ont été avertis : leurs maisons seront, à leur tour, prochainement démolies.

