Un camp spécial de réfugiés pour les déserteurs des forces de défense et de sécurité burundaises en Tanzanie

février 10, 2016 0 1894
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Un camp de réfugiés spécial a été ouvert en Tanzanie pour accueillir les déserteurs des forces de sécurités burundaises. Une quarantaine de militaires burundais ont été dénombrés d’après le ministre de l’intérieur tanzanien. Mais des inquiétudes ne manquent pas du côté des politiciens burundais également réfugiés en Tanzanie. Regroupés dans un autre camp spécial, ils craignent que ces « déserteurs » ne soient en mission pour le gouvernement. 
 
 
Mwisa est le nom du camp spécial où sont regroupés ces militaires qui disent fuir la guerre au Burundi. Ce camp est situé dans le district de Karagwe, province Kagera en Tanzanie. Le bâtiment dans lequel ils sont logés fut dans le temps une prison. Charles Kitwanga, ministre de l’intérieur tanzanien, dit que ces militaires ne sont pas des détenus mais qu’ils reçoivent plutôt des enseignements pour leur nouvelle vie de civils. Dans un entretien paru dimanche dans le journal « The Guardian », le ministre Kitwanga a parlé de « 40 militaires réfugiés » ; et dans le journal « Pana », il a indiqué que ce camp abrite des « ex-militaires de l’armée régulière burundaise, ainsi que des anciens rebelles, qu’il a appelés de l’armée irrégulière ». « Les réfugiés se connaissent, ce sont eux qui disent qui est civil et qui ne l’est pas » ajoute le ministre tanzanien.
 
Il existe un autre camp spécial qui serait provisoire et abrite cette fois des politiciens et quelques militaires. L’un des politiciens réfugié dans ce camp explique : « on est des acteurs politiques, des militaires, des policiers et même des démobilisés. On ne peut pas être logés dans des camps de civils car ils se sentent en insécurité avec nous ». Mais ils soupçonnent que certains des policiers et militaires qui disent être des réfugiés soient en mission pour le compte du pouvoir de Bujumbura : « on a déjà reconnu des agents du service des renseignements burundais qui ont passé peu de jours dans le camp. Cela démontre qu’ils n’ont pas fui » nous indiquent certains des réfugiés politiques en Tanzanie. 
 
Le ministre tanzanien de l’Intérieur, Charles Kitwanga, tranquillise. Selon lui, personne ne peut venir perturber la quiétude des réfugiés dans les camps, encore moins recruter pour des mouvements armés. « Nos agents de renseignements sont partout autour des camps de réfugiés. A la moindre alerte, on nous fait un rapport » affirme-t-il !    

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