Les soignants burundais plaident pour une réponse urgente à la pénurie de médicaments
Par: Hervé Niyuhire
La persistance des ruptures de stock dans plusieurs hôpitaux du Burundi alarme les acteurs du secteur médical. Face aux plaintes des patients et à la gravité de la situation, les soignants demandent des mesures concrètes pour stabiliser l’approvisionnement en médicaments.
Les hôpitaux et centres de santé du Burundi font face à une grave pénurie de médicaments, une situation qui fragilise la relation entre soignants et patients. Dans plusieurs provinces, des malades affirment ne plus pouvoir accéder aux traitements prescrits, tandis que les médecins se disent impuissants face à une crise qui échappe à leur contrôle.
Certains infirmiers, interrogés par la radio RPA, décrivent un quotidien devenu intenable : « Les malades se plaignent et nous aussi. Les médicaments manquent, les patients ne sont pas soignés comme ils l’espéraient. Aujourd’hui, il arrive qu’on soit forcé d’envoyer les familles acheter des sérums à l’extérieur. C’est coûteux et très décourageant. »
Selon ces soignants, les ruptures de stock touchent désormais les médicaments essentiels, y compris ceux destinés aux maladies chroniques. « Les médicaments contre le diabète sont introuvables, et l’insuline se fait extrêmement rare. Beaucoup de patients doivent se débrouiller pour en trouver à Bujumbura ou à Gitega », déplore un médecin.
Cette pénurie a également des conséquences dramatiques pour les personnes aux revenus modestes. Plusieurs sources sanitaires signalent une augmentation des cas de décès liés au manque de traitement, notamment chez les patients souffrant de maladies chroniques.
Face à cette situation, les professionnels de la santé se disent épuisés et demandent à l’État d’agir urgemment. « Nous expliquons aux patients que c’est un problème national, pas lié à nos structures, mais tous ne comprennent pas. C’est une crise difficile à gérer », confie un praticien.
Les acteurs du secteur invitent ainsi les autorités à examiner les causes de cette rupture de médicaments et à mettre en place des mesures concrètes pour y remédier, avant que la situation ne s’aggrave davantage.

