Examen d’État 2026 : 440 écoles sans aucun admis à l’université, un fossé qui inquiète
Par: Nadège Irakoze
Les notes d’admission à l’Université du Burundi pour les candidats ayant récemment passé l’examen d’État sont désormais connues pour plusieurs sections. Mais les résultats révèlent de fortes disparités : 74 écoles ont enregistré un taux de réussite de 100%, tandis que 440 établissements n’ont vu aucun de leurs élèves admis.
Dans les sections classiques, la note d’admission est fixée à 55,4% pour les langues, 55% pour les sciences (biologie, chimie et sciences de la terre), 57,2% pour les sciences sociales et humaines, 59,5% pour la section pédagogique et 73,8% pour la section juridique. Pour d’autres sections, les notes d’admission ne sont pas encore déterminées.
Selon le rapport du ministère de l’Éducation, 681 écoles affichent par ailleurs un taux de réussite allant jusqu’à 99%. Cet écart important entre les établissements d’excellence et ceux qui n’ont enregistré aucune réussite s’explique, selon Antoine Manuma, président de la Fédération nationale des syndicats du secteur de l’enseignement et de l’éducation du Burundi (FENASSEB), par le manque de connaissances adéquates transmises aux élèves dans les écoles en difficulté.
Des écarts liés aux conditions d’apprentissage
Le président de la FENASSEB explique que les écoles affichant 100% de réussite sont principalement des écoles techniques, des établissements d’excellence et certaines écoles organisées par l’Église catholique. Elles accueillent des élèves ayant obtenu les meilleures notes au concours national de 9e année, sont souvent dotées d’internats et bénéficient d’un encadrement régulier, d’enseignants suffisamment nombreux et qualifiés.
À l’inverse, les écoles où la réussite est nulle se trouvent surtout parmi les établissements communaux et privés. Elles reçoivent des élèves ayant réussi le concours de 9e année avec des résultats faibles, parfois orientés dans des sections qui ne correspondent pas à leurs capacités. Ces élèves sont souvent externes et ne bénéficient pas d’un encadrement après les cours. Les écoles communales font en outre face à une pénurie d’enseignants et de supports pédagogiques.
Des réformes réclamées
Antoine Manuma appelle le gouvernement à doter toutes les écoles de ressources équitables afin de garantir un enseignement de qualité à tous les élèves. Il recommande notamment le déploiement d’enseignants qualifiés et en nombre suffisant, particulièrement dans les matières scientifiques, ainsi que l’augmentation du nombre d’écoles à régime d’internat.
Il propose également de revoir à la hausse la note minimale d’entrée dans les écoles post-fondamentales, qu’il juge trop basse, et de fonder l’orientation des élèves sur leurs résultats au concours national de 9e année. Selon lui, il faut aussi rendre disponibles les manuels et supports pédagogiques, alors que certaines familles sont contraintes d’acheter elles-mêmes les livres de leurs enfants à des coûts élevés.
Le syndicaliste demande enfin un suivi et un accompagnement réguliers des écoles privées et communales, afin de s’assurer de leur bon fonctionnement. Sans ces mesures, estime-t-il, les élèves continueront d’être exposés à de mauvais résultats à l’examen d’État et verront leur accès à l’enseignement supérieur compromis.

