Arusha 2026 : l’EAC resserre les rangs face aux crises budgétaires et sécuritaires
Par: Eloge Divin Remesha
Les chefs d’État de la région ont adopté plusieurs réformes institutionnelles et financières pour tenter de relancer une organisation minée par les dettes et les divisions, tout en plaidant pour la fin des combats dans l’Est de la RDC.
Le 25ᵉ Sommet des Chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) s’est tenu au siège de l’organisation à Arusha, en Tanzanie. Huit pays étaient représentés, dont cinq par leurs présidents, parmi lesquels Évariste Ndayishimiye du Burundi. Selon le communiqué final, les dirigeants ont passé en revue plusieurs dossiers sensibles, dont la sécurité régionale et la viabilité financière de la Communauté.
L’Est de la RDC au cœur des préoccupations
Les Chefs d’État ont exprimé leur vive inquiétude face à l’escalade des violences dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ils ont appelé les parties en conflit à cesser les hostilités et à privilégier le dialogue dans le cadre des mécanismes régionaux existants.
Cette crise, qui menace la stabilité régionale, figure depuis plusieurs sommets parmi les priorités de l’EAC, sans que les efforts diplomatiques précédents n’aient encore permis un retour durable à la paix.
Arriérés de cotisations : un fardeau qui pèse lourd
Le sommet a également mis en lumière la crise financière que traverse la Communauté. Selon le rapport présenté, les arriérés de cotisations des États membres atteignent près de 89 millions de dollars.
Le Burundi figure au deuxième rang des pays débiteurs, avec 22,7 millions de dollars impayés. Ces retards ont gravement affecté le fonctionnement des institutions régionales, retardant le paiement des salaires dans plusieurs organes, dont le Parlement et les instances judiciaires.
Pour atténuer cette situation, une formule de remboursement a été proposée. Les pays concernés devraient d’abord verser 50% de leurs dettes, le solde étant étalé sur deux ans.
Vers une nouvelle formule budgétaire et institutionnelle
Les chefs d’État ont par ailleurs adopté une réforme du mode de contribution : désormais, 50% des cotisations seront uniformes pour tous les pays, tandis que le reste sera calculé selon la taille de leur économie.
Une autre décision importante concerne la désignation des députés de l’Assemblée législative régionale (EALA). Ces derniers seront désormais choisis parmi les parlementaires nationaux déjà élus, sauf en cas de dérogation spéciale d’un pays membre.
Museveni prend la relève à la tête de l’EAC
Ce 25ᵉ Sommet s’est également conclu par un renouvellement des organes dirigeants. Le président ougandais Yoweri Museveni succède au Kenyan William Ruto à la présidence tournante de l’EAC.
Stephen Patrick Mbundi a été nommé Secrétaire général de l’organisation, tandis que plusieurs juges ont été désignés pour le volet judiciaire de la Communauté.

