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Plus de tente personnes ont été assassinées au cours du mois de février

Le Directeur de la RPA toujours dans le collimateur du pouvoir

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Bob Rugurika a été arrêté à deux reprises au cours d’un voyage vers les Etats-Unis ce samedi. Officiellement, c’est une alerte des autorités Burundaises concernant le vol du passeport du Directeur de la RPA signalée à INTERPOL qui est à l’origine de ses démêlés.

Ce samedi matin, alors que le Directeur de la RPA venait d’arriver à l’aéroport Schipol d’Amsterdam pour embarquer à destination de New York, il s’est vu arrêter par des agents d’immigration. Bob Rugurika s’est fait signifier que son passeport a été signalé comme « volé » par les autorités Burundaises. Après des explications avec ces mêmes agents, il a pu poursuivre son voyage tranquillement.

 

Toutefois, une autre surprise l’attend à l’aéroport JFK de New York. D’autres agents l’interpellent pour lui signifier à nouveau que son passeport a été volé, et à nouveau il s’agit d’une alerte des autorités Burundaises.

 

Pour le Directeur de la RPA, « ceci est une manœuvre du pouvoir de vouloir embêter les personnes ciblées comme gênantes ». Il juge cette attitude anormale et illégale car ayant démontré par sa présence devant les différents agents d’immigration qu’aucun vol de son passeport n’a jamais eu lieu. Bob Rugurika poursuit en expliquant cela comme « un problème d’ordre politique » et que même les services d’INTERPOL dans différentes capitales « ne considèrent plus comme fiables les messages d’alerte des agents d’INTERPOL du Burundi ». Le Directeur de la RPA conclut en se disant désolé de voir que des agents Burundais « cherchent systématiquement à discréditer les Institutions Burundaises » et annonce qu’il compte saisir l’autorité au plus haut niveau d’INTERPOL.

 

Bob Rugurika se dit finalement satisfait que ces contraintes au cours de son voyage ne l’aient pas empêché de participer à des activités marquant la session ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York sur invitation de la Société Civile Américaine. Parmi ces activités figure le Social Good Summit 2015 ainsi que des rencontres avec des autorités onusiennes et américaines sur la crise au Burundi.

 

Le Directeur de la RPA est depuis plusieurs mois la cible de harcèlement et de menaces du pouvoir en place. En janvier 2015, il a été incarcéré durant un mois suite à une série de révélations diffusées sur la RPA concernant l’assassinat de 3 religieuses italiennes de la paroisse Guido Maria Comforti de Kamenge. Un emprisonnement dans lequel le Directeur de la RPA y voyait un moyen de museler son médium. Hormis cet emprisonnement, Bob Rugurika a été menacé de mort à plusieurs reprises et contraint à l’exil alors que la RPA était toujours fermée sur décision du pouvoir en pleine période de contestation du 3ème mandat du Président Nkurunziza.

 

Faire taire toutes les voix discordantes à tout prix

 

Ces démêlés avec INTERPOL semblent devenus une « stratégie » utilisée par Bujumbura pour tenter de nuire à toute voie critique du pouvoir notamment depuis le forcing du Président Nkurunziza pour un 3ème mandat. Ainsi, l’ancien porte-parole du parti au pouvoir CNDD-FDD Onésime Nduwimana a subi le même sort le mois passé avec son passeport diplomatique. Après lui, l’activiste de la société civile Pacifique Nininahazwe subira un sort similaire à son arrivée à Bruxelles de même que l’ancien chef de Protocole du Président Nkurunziza le Général Moise Nzeyimana lors d’un voyage à Paris. Avant eux, le Président du parti MSD Alexis Sinduhije qui avait été retenu à l’aéroport Zaventem de Bruxelles car recherché par les autorités.

 

La liste ne s’arrête pas là puisque l’ancien Président de la République Sylvestre Ntibantunganya a été lui aussi interpellé par INTERPOL à Bruxelles alors qu’il venait de quitter librement Bujumbura. Beaucoup se sont interrogés sur le statut spécial d’un ancien Chef d’Etat qui peut être piétiné par les autorités sans raison.

 

Pour toutes ces personnes, l’alerte donnée est la même à savoir que leurs passeports sont signalés comme volés par les autorités Burundaises.  Jusque là toutefois, aucune des personnes listée par le pouvoir de Bujumbura n’a réellement été inquiétée.

 

Depuis l’annonce de sa volonté de briguer un 3ème mandat, le Président Nkurunziza et son pouvoir tentent d’étouffer toute voie opposée à ce mandat jugé de trop par l’opposition et la société civile ainsi qu’une partie de la communauté internationale. Les personnes soupçonnées d’avoir manifesté contre ce 3ème mandat sont régulièrement arrêtées et certains ont été abattus tandis que les leaders de l’opposition et de la société civile subissent des contraintes lors de leurs déplacements dans les pays occidentaux.  

 

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