Une vie de rue pour les Burundais réfugiés en Zambie

mars 03, 2016 0 2094
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Regroupés au camp de Maheba, les réfugiés burundais en Zambie sont au nombre de 2.000. Le fonctionnement de ce camp est hors du commun, aucune distribution de vivres par ménages ou par tête pour la cuisson : un système de cuisine pour tous est instauré par les responsables du camp. Système décrié par les réfugiés qui affirment que la cuisine est faite, le plus souvent, 2 fois par semaine. 
 
Comme le raconte ce réfugié : « Nous menons une vie très précaire côté nutrition, tout réfugié burundais qui arrive en Zambie est amené dans ce camp de Maheba. Ici, la cuisine peut se faire uniquement 2 fois la semaine, les gens peuvent mourir de faim sauf si tu as de l’argent, tu peux t’acheter de quoi manger ailleurs. Nous sommes contraints à attendre ce qui vient des cuisines pour manger. Souvent on nous dit qu’il n’y a rien à cuisiner mais on les voit vendre notre nourriture. Quand tu arrives au camp, tu passes 2 à 3 mois sans qu’il y ait distribution de vivres. »   
 
Après ces mois de calvaire, ils sont transférés vers un autre endroit où ils reçoivent des terres pour vivre de l’agriculture. Mais là aussi, la vie n’est pas meilleure. « Lorsqu’on t’attribue une terre, tu reçois l’équivalent d’un peu plus de 6 dollars par mois pour vivre. C’est presque rien parce que cela achète à peine du riz sans de l’huile ni aucun condiments. Franchement, nous vivons comme des oubliés », déplore un autre réfugié burundais en Zambie.
 
La semaine dernière, ces réfugiés affirment que le responsable du camp les a « forcés » à se rendre dans la forêt pour y vivre : « On a été embarqué dans un gros camion puis emmené dans la forêt. Quand nous sommes arrivés, on a constaté qu’il n’y avait aucune installation pour nous accueillir. De plus, on ne nous avait rien donné pour ce transfert. On a refusé d’y rester et eux n’ont pas voulu nous ramener. On a dû faire 20 kilomètres à pied pour revenir à Maheba», témoigne un réfugié. A leur retour au camp, une réunion a été organisée par les administratifs qui a constaté que les vivres des réfugiés avaient réellement été détournés, « car chaque réfugié a droit à trois repas par jour ».  
 
Autre problème auquel font face ces réfugiés burundais du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, c’est la mauvaise entente qui règne entre eux et les réfugiés burundais de longue date en Zambie. « On est venu de différentes façon. Les réfugiés qu’on a trouvé ici ne nous voient pas d’un bon œil, ils disent que nous sommes des tutsis ou des hutus isolés qui ont contesté le troisième mandat. Ceux qui viennent de passer plusieurs années ici ont leur dossier déjà tout fait. Leur représentant ne veut même pas nous aider », se plaint un réfugié. Et sans représentant, l’accès aux soins de santé est un parcours de combattant. L’abandon d’école n’est pas en reste par manque de moyens pour la plupart, mais aussi suite au système scolaire auquel les enfants burundais ne sont pas habitués. 
 
Ces réfugiés demandent au HCR de les considérer comme d’autres réfugiés, d’abord en leur fournissant des vivres pour qu’ils ne succombent pas à la faim, ensuite en leur construisant des tentes pour des logements humains. Ils demandent en outre au gouvernement zambien de les considérer comme des êtres humains et non comme des animaux : « On nous regarde comme si nous étions des combattants, si c’était le cas on serait restés au Burundi pour nous battre. Nous sommes des réfugiés et on voudrait que l’on soit considéré comme tel ! » poursuit un réfugié. Si cela n’est pas possible, les réfugiés burundais en Zambie qui ont fui la crise liée au troisième mandat du président Nkurunziza, demandent qu’ils soient transférés dans d’autres camps « où le droit de réfugié est respecté ».   

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