Les déplacés de Mutaho dénoncent les menaces proférées par les autorités provinciales

mars 10, 2016 0 1883
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Les déplacés du site de Mutaho de la province Gitega sont dans une peur panique après les propos tenus par le gouverneur de cette province et certaines autorités policières qui accusent les déplacés de détenir des armes. Ils sont aussi accusés d’avoir participé aux attaques des camps militaires à Bujumbura le 11 décembre 2015. Les déplacés révèlent aussi l’existence d’un plan visant à les ramener de force sur leurs collines d’origine. 
 
Accusés de détenir des armes, de s’être réfugiés au Rwanda dans le but de former une rébellion qui va attaquer le Burundi et de ne pas avoir voté pour le parti au pouvoir, les déplacés du site de Mutaho vivent dans la peur. Ces accusations ont été proférées par le gouverneur de la province Gitega. Selon une source au sein du site, ce qui leur arrive est similaire à ce qui est arrivé aux déplacés du site de Ruhororo à Ngozi : « on nous accuse d’être des rebelles, de détenir des armes et des tenues militaires, et de ne pas respecter les forces de l’ordre ainsi que les autorités issues du CNDD-FDD. Nous sommes très inquiets » nous indique notre source. 
 
Selon toujours des sources à Mutaho, les personnes qui étaient au courant de ces accusations, ont déjà fui le pays car étant recherchées. « Beaucoup de personnes ont fui, maintenant leur plan vise les déplacés » nous expliquent nos sources. 
 
Ce qui fait peur aux déplacés du site de Mutaho, c’est aussi la décision prise lors d’une réunion que la Commission nationale des terres et autres biens vise à faire retourner chez eux les déplacés. « Le conseiller du gouverneur a dit lors de la réunion que la CNTB allait se pencher sur notre cas pour qu’on puisse retourner chez nous.  Le Commissaire de police a pour sa part déclaré que les déplacés vont quitter le site. Le chargé de la protection civile a pointé du doigt en disant que les malfaiteurs qui ont attaqué les camps militaires à Bujumbura au mois de décembre sont du site de Mutaho. On ne sait toujours pas où ils vont nous emmener » craint un des déplacés de Mutaho. 
 
Depuis le début des tensions, 11 familles ont déjà quitté le site de Mutaho de peur d’être tuées. Le site abrite 5.000 déplacés de la crise de 1993. 

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