Réouverture des médias : le nouveau président du CNC ne peut rien promettre

mars 29, 2016 0 1698
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La réouverture des médias détruits n’est pas pour demain. Cela transparait dans les propos tenus par Karenga Ramadhani, nouveau président du Conseil National de la Communication, lors d’une table ronde des médias burundais organisée en Belgique. Les représentants des médias demandent qu’en attendant une issue favorable, qu’il y’ait un appui à l’endroit des médias détruits qui travaillent actuellement en exil et de ses journalistes. 
 
La réouverture des médias attaqués et détruits pose toujours problème entre les représentants de ces médias et le Conseil National de la Communication. Lors d’une table ronde des médias burundais la semaine dernière en Belgique, le nouveau président du CNC a affirmé que c’est l’organe qu’il dirige qui doit donner la permission à ces médias détruits de rouvrir même s’il y en a qui sont poursuivis en justice. « Il n’y a pas d’autre instrument législatif ou juridique qui pourrait remplacer le CNC. Si une personne est poursuivie en justice, est-ce que cela dit que telle association ne peut pas vaquer à ses activités? Je ne pense pas du tout » a déclaré Karenga Ramadhani.
 
Karenga Ramadhani, président du CNC, revient plus loin sur ses propos : « Je ne peux pas m’immiscer dans les procédures judiciaires, mais j’ai demandé aux responsables des médias de m’accorder un temps pour que je puisse m’enquérir auprès des instances judiciaires et de la police de ce qui s’est passé et les responsabilités des uns et autres. Je viens d’être nommé à la tête de cet organe il y a seulement deux semaines ».
 
Innocent Muhozi, Directeur de la radio-télévision Renaissance et président de l’Observatoire de la Presse burundaise a indiqué pour sa part que les médias détruits doivent être rouverts. 
 
Au cours de cette table ronde des médias burundais, les responsables des médias détruits ont également demandé à leurs partenaires de revoir l’octroi leur appui car les conditions de travail ont changé. Innocent Muhozi évoque entre autre les journalistes en exil : « les interventions habituelles des partenaires sont délimitées sur le territoire burundais. Maintenant les principaux acteurs de l’information indépendante sont à l’extérieur du Burundi. Ce qui nous inquiète et préoccupe, c’est la manière dont ces partenaires doivent revoir leurs appuis. Si on était toujours au Burundi, on n’aurait pas continué à informer et même ceux qui sont au pays travaillent très difficilement. Cela pour dire que le pays traverse une grave crise et que les partenaires  devraient revoir les mécanismes d’appui » a précisé le président de l’OPB.
 
Cette table ronde qui s’est tenue du 23 au 24 mars 2016 en Belgique a vu la participation des responsables des médias exerçant leur métier au Burundi et en exil, les représentants du  Conseil National de la Communication et les partenaires des médias. Sur l’ensemble des médias détruits, seuls deux ont été rouverts sur décision du parquet : Isanganiro et Rema fm. Mais des mandats d’arrêts sont toujours en vigueur contre trois journalistes de la radio Isanganiro en exil dont la Directrice et ne peuvent ainsi pas reprendre le travail avec leurs collègues.
 

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