Un 'lundi noir' pour soutenir les femmes endeuillées par la crise

mai 10, 2016 0 1963
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Les femmes burundaises invitées aux pourparlers inter-burundais sous l’égide du médiateur régional affirment que leur principal objectif sera le refus des violences qui continuent de faire des veuves et des mères en détresse. En attendant de se faire entendre, elles ont initié une journée de deuil hebdomadaire dite ‘’lundi noir’’ pour protester contre les assassinats.
 
Selon Justine Nkurunziza, présidente de la Coalition des organisations de la société civile pour le monitoring des élections (COSOME), les femmes sont prêtes à se rendre à la session de dialogue inter-burundais prévue vers la fin de ce mois de mai. Cette activiste de la société civile contrainte à l’exil depuis une année indique que rien ne les empêchera d’y participer : « qu’il pleuve ou qu’il y ait un déluge, les femmes devront être présentes aux côtés des autres Burundais et auront leur mot à dire lors de ces pourparlers » indique Mme Nkurunziza.  
 
La présidente de la COSOME, primée comme femme leader en 2015 par l’Ambassade des Etats-Unis, explique que l’une de leurs principales revendications sera la cessation des violences qui affectent lourdement les femmes : « nous devons en premier lieu exiger l’arrêt des assassinats des jeunes. La détresse est profonde dans les familles éprouvées qui ne font pas leur deuil ou qui n’ont même pas droit au corps de leurs enfants assassinés. Si les violences cessent, nous pourrons exiger un Etat de droit, une justice équitable, le respect des droits de l’homme et la mise en place de politiques de développement durables. Il y a tellement de choses à faire ! » ajoute Justine Nkurunziza.  
 
En attendant cette session des pourparlers sous l’égide de la médiation régionale, les femmes s’activent en rendant public les exactions et assassinats commis au Burundi. Elles ont aussi initié une journée de deuil dite ‘’lundi noir’’ pour soutenir les femmes endeuillées par l’assassinat de leurs enfants, de leurs maris ou frères. « Nous voulons soutenir nos sœurs endeuillées car nous ne pouvons pas faire davantage pour le moment. Nous voulons aussi montrer notre douleur à la communauté internationale qui reste sourde face aux assassinats des enfants du Burundi. Nous nous habillons de noir chaque lundi pour exprimer ce deuil et nous utilisons les réseaux sociaux pour faire appel auprès de toute personne qui peut intervenir en faveur de la paix au Burundi » conclut Justine Nkurunziza.     
 
Le médiateur Benjamin Mkapa n’a invité qu’une seule femme du collectif des femmes pour la paix, mais les femmes engagées pour le retour de la paix affirment qu’elles cherchent des appuis financiers afin que leur leader soit accompagnée d’une forte délégation dans la ville où se tiendront ces pourparlers.  

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