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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Lubumbashi : des dizaines de Burundais arrêtés et détenus par l’armée congolaise

Par: Inès Gakiza

Depuis quelques jours, des Burundais en route pour Lubumbashi, en République démocratique du Congo, sont systématiquement arrêtés par des militaires. Une trentaine est actuellement en détention.  Leurs proches, sans nouvelles, dénoncent ces interpellations.

Meurtres à Gitega et Butanyerera : la population réclame des comptes

Meurtres à Gitega et Butanyerera : la population réclame des comptes

Par: Emmanuel Ndayishimiye

La Radio Publique Africaine a recensé, au cours de la semaine écoulée, trois personnes assassinées dans deux provinces du pays, dont l’une par un policier. Ces drames sont survenus en province Gitega et en province de Butanyerera.

En province Gitega, deux décès ont été enregistrés. Le premier cas concerne Nestor Nininahazwe, surnommé Gasazi, âgé de 30 ans, abattu samedi dernier par un policier du nom d’Osias Iradukunda dans un cabaret appelé « Kwihuriro », sur la colline Kibungere, en commune Nyabihanga. Selon des témoins, le policier a d’abord proféré des menaces à l’encontre des clients du cabaret, avant de tenter de boire la bière de la victime, qui a refusé de la lui offrir. Le policier s’est alors rendu à la paroisse Kibungere, où il assure la sécurité, pour se munir d’un fusil, puis est revenu sur les lieux et aurait tiré sur Nestor Nininahazwe au niveau de la poitrine, le tuant sur le coup. Il a été arrêté par la police à Nyabihanga.

Le deuxième est celui  d’Étienne Nshimirimana, âgé de 33 ans, retrouvé mort à son domicile sur la colline Bubaji, en commune Gishubi, mercredi dernier. Les circonstances de son décès restent floues. Les autorités administratives avancent la piste du suicide, une version que la population rejette fermement, affirmant que le corps présentait des blessures au niveau du cou et qu’il aurait été tué. Les habitants réclament l’ouverture d’une enquête sérieuse pour identifier les auteurs présumés et les traduire en justice.

La troisième victime recensée par la RPA la semaine dernière  est de la province Butanyerera, en commune Ngozi. Vendredi dernier, le corps de Pascal Karikunzira, alias Nyamirende, âgé de 30 ans, a été retrouvé sans vie dans une localité appelée Gika, sur la colline Kanyami. D’après des informations recueillies sur place, la victime s’était disputée auparavant avec son épouse, et un voisin était intervenu pour calmer la situation. Au cours de cette altercation, Pascal Karikunzira a blessé ce voisin à l’aide d’un couteau. Le lendemain matin, il a été découvert mort, présentant de multiples blessures à la tête. Une personne a été arrêtée par la police à Ngozi dans le cadre de cette affaire.

Enlèvements et extorsions : des policiers de l’escorte présidentielle sous enquête

Par: Elvis Niyomwungere

Un groupe de policiers de l’escorte présidentielle est accusé d’enlèvements et de vols ciblant des citoyens, sans être inquiété, soulevant des questions sur la possible complicité de leurs supérieurs.

Musaga : des ONG exigent une enquête indépendante après l’explosion du dépôt d’armes

Musaga : des ONG exigent une enquête indépendante après l’explosion du dépôt d’armes

Par: Davy Claude Mbananayo

Après l’explosion meurtrière du dépôt de munitions dans le quartier Musaga, à Bujumbura, deux organisations de défense des droits humains, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom, réclament la mise en place d’une commission d’enquête indépendante. Elles appellent aussi à l’indemnisation des victimes et au renforcement de la sécurité autour des dépôts d’armes.

Les organisations de défense des droits humains burundaises sont revenues sur les événements tragiques survenus dans la nuit du 31 mars 2026, lorsqu’un dépôt de munitions a explosé dans un camp militaire du quartier Musaga, en mairie de Bujumbura. Elles ont d’abord exprimé leur solidarité envers les familles qui ont perdu des proches ou des biens lors de ce sinistre, qui a fait au moins 13 morts et plusieurs dizaines de blessés selon le bilan officiel de l’armée.

Dans une déclaration rendue publique le 2 avril 2026, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom, à travers leur programme « Umuseke », saluent la manière dont l’armée burundaise a géré la crise, notamment en informant la population pendant et après les explosions. Elles soulignent que les chiffres avancés par le porte-parole du ministère de la Défense sur les pertes humaines, les blessés et les dégâts matériels sont globalement conformes aux résultats de leurs propres enquêtes de terrain.

Cependant, ces organisations estiment que de nombreuses zones d’ombre subsistent. Elles demandent au gouvernement de publier des informations claires et détaillées sur les circonstances exactes de l’incendie et des explosions, ainsi qu’un message officiel de réconfort adressé à la population et à la communauté internationale. Elles plaident pour la création d’une commission d’experts indépendante chargée de faire toute la lumière sur les causes du sinistre et d’évaluer l’ampleur réelle des dégâts.

Sur le plan sécuritaire, la Ligue Iteka et King Umurundi Freedom recommandent l’identification et le ramassage systématique de toutes les munitions ou éclats dispersés à la suite des explosions, afin de prévenir tout danger pour les civils. Elles insistent également sur la nécessité de renforcer les mesures de sécurité autour des dépôts de munitions situés dans d’autres quartiers de Bujumbura ou dans d’autres villes du pays, pour éviter la répétition de telles tragédies.

Les deux organisations demandent en outre l’élaboration d’un plan de reconstruction et d’indemnisation en faveur des victimes de cette catastrophe du 31 mars. Elles appellent les partenaires du Burundi à appuyer le gouvernement, tant sur le plan technique que financier, pour la réhabilitation des infrastructures détruites et le renforcement des dispositifs de prévention. Aux habitants des quartiers touchés, elles recommandent enfin de signaler immédiatement aux forces de sécurité toute munition ou tout matériel militaire retrouvé dans leur environnement, afin de réduire les risques d’accidents.

 

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