Muramvya : les prisonniers confrontés à la faim depuis plus d’une semaine
Par: Balthazar Miburo
À la prison centrale de Muramvya, dans la province de Gitega, une grave pénurie alimentaire plonge les détenus dans une situation humanitaire critique. Depuis plus de neuf jours, la farine, principale denrée servant à la préparation de leurs repas, manque cruellement. Certains prisonniers passent désormais la nuit le ventre vide.
La faim ronge la prison centrale de Muramvya. Depuis plus d’une semaine, les détenus font face à une pénurie totale de farine, aliment de base utilisé pour préparer la pâte accompagnant les haricots, leur unique repas quotidien. Plusieurs sources concordantes affirment que la situation devient insoutenable.
« À l’entrée de la prison, il est impossible de ne pas entendre les détenus demander quelque chose à manger », rapporte une source interne. Les visiteurs, souvent rares, se retrouvent sollicités aussitôt franchie la porte de l’établissement.
Certains prisonniers, affaiblis par le manque de nourriture, passent leurs journées allongés dans la cour, incapables d’effectuer la moindre activité. D’après des témoins, leur état physique s’aggrave de jour en jour, tandis que les perspectives de ravitaillement demeurent incertaines.
Face à la gravité de la crise, quelques détenus dotés de responsabilités internes ont tenté, mardi, d’organiser une collecte de fonds pour venir en aide aux plus vulnérables, notamment ceux qui ne reçoivent ni visite ni assistance extérieure. Mais les moyens restent très limités.
Cette situation fait craindre une détérioration rapide des conditions sanitaires déjà précaires. « La malnutrition risque d’entraîner des complications graves, surtout chez ceux qui n’ont aucun soutien familial », alerte la même source.
Les prisonniers de Muramvya lancent un appel pressant aux autorités burundaises, les exhortant à agir d’urgence pour garantir un approvisionnement régulier en vivres, comme le stipulent les droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

