A la prison de Ngozi, la faim pousse les détenus à bout
Par: Nadège Irakoze
Depuis deux semaines, les détenus de la prison centrale de Ngozi, dans la province de Butanyerera, n’ont plus reçu de farine de manioc ni de maïs, aliment de base de leurs repas. Faute de rations suffisantes, beaucoup ne mangent qu’une fois par jour. La situation devient alarmante.
La faim s’installe dangereusement au sein de la prison centrale de Ngozi. Cela fait désormais quatorze jours que les détenus n’ont pas reçu de farine, composante essentielle de leur régime alimentaire quotidien. Ils se nourrissent uniquement d’une petite portion de haricots distribuée chaque jour, selon plusieurs sources internes.
« Les détenus sont menacés par la faim. Beaucoup ne mangent qu’une seule fois par jour, avec des quantités dérisoires », témoigne une source au sein de l’établissement. Cette situation touche particulièrement les prisonniers sans soutien extérieur, car seuls ceux dont les familles peuvent apporter de quoi manger lors des trois jours de visite autorisés par semaine parviennent à s’en sortir un peu mieux.
Selon nos informations, le manque prolongé de nourriture commence à affecter la santé des détenus. « Certains deviennent très faibles et tombent souvent malades faute d’alimentation suffisante », poursuit notre source.
Ce problème ne concerne pas uniquement Ngozi. D’autres prisons du pays connaissent elles aussi des ruptures de stock alimentaires depuis plusieurs jours. Les détenus, à bout, lancent un appel aux autorités burundaises pour qu’elles leur garantissent un droit fondamental : celui de se nourrir convenablement. Ils demandent également qu’une solution durable soit trouvée pour mettre fin aux pénuries alimentaires récurrentes dans les établissements pénitentiaires du pays.

