Prison de Gitega : faim et soif en prison
Par: Rémy Nderagakura
Les détenus de la Prison centrale de Gitega indiquent qu’ils viennent de passer cinq jours sans recevoir la farine qui leur est habituellement servie. Les dernières réserves de haricots se sont également épuisées aujourd’hui. En plus de la faim qui les frappe depuis plusieurs jours, ces prisonniers signalent aussi un sérieux problème de manque d’eau potable.
La situation à la Prison centrale de Gitega devient critique. Selon les témoignages recueillis auprès des détenus par la Radio Publique Africaine, les prisonniers passent cinq jours consécutifs sans recevoir la farine qui constitue la base de leur ration hebdomadaire. Pour couronner le tout, les dernières réserves de haricots se sont également épuisées ce jour-même, laissant les détenus sans aucun aliment de subsistance.
« Le principal problème auquel nous faisons face concerne la distribution de la ration hebdomadaire. C’est notre plus grande difficulté », explique l’un des prisonniers. « La farine est en rupture de stock depuis plusieurs jours, tandis que les haricots ne sont disponibles que le jour même de leur distribution. Les produits reçus s’épuisent immédiatement en raison de l’insuffisance des stocks. »
Au-delà de la faim, les détenus signalent un manque grave d’eau potable. Ils sont quatre jours sans eau, exacerbant les conditions de santé déjà précaires au sein de l’établissement. Face à cette double pénurie (nourriture et eau), les prisonniers lancent un appel urgent à la Direction générale des affaires pénitentiaires pour qu’elle « fasse le nécessaire » et rétablisse immédiatement les distributions de repas.
Cette pénurie ne semble pas isolée. Selon les informations en notre possession, la même situation de rationnement critique touche d’autres grandes prisons du pays, notamment celles de Bubanza, Ngozi et Ruyigi. Un signe que le système pénitentiaire burundais traverse une crise logistique et financière généralisée.
La rédaction de la RPA a tenté par deux fois de joindre Pierre Claver Miburo, directeur général des affaires pénitentiaires, afin qu’il s’explique sur les causes de cette pénurie et les mesures envisagées. À ce jour, aucune réponse n’a été apportée et le responsable reste injoignable.

