Le Commissaire Désiré Uwamahoro en détention suite à une affaire d'escroquerie

octobre 31, 2016 0 2716
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Le chef de la Brigade anti-émeute est sous les verrous depuis ce samedi le 29 octobre. Le Commissaire Désiré Uwamahoro serait poursuivi pour un vol d'une somme colossale liée à une vente illicite de minerais. L'arrestation de cet officier de police impliqué dans des exactions et violations des droits de l'homme  a été menée par la police présidentielle. Cette interpellation suscite par ailleurs des divisions au sein des hauts cadres de l'appareil étatique burundais. 
 
A l'origine de l'arrestation de Désiré Uwamahoro, ce serait une affaire d'escroquerie basée sur une vente et un trafic de minerais organisée ministieusement avec la complicité de hauts gradés de la police.
 
Selon des informations dont disposent la RPA, le Commissaire Désiré Uwamahoro travaillait en équipe avec un groupe de congolais qui se faisaient passer pour des "vendeurs d'or" ainsi qu'un homme d'origine syrienne qui jouait le rôle de "commissionnaire".
 
En complicité avec certaines autorités, les auteurs du coup se sont procurés des documents attestant l'entrée sur le sol burundais et le certificat d'une importante quantité d'or à vendre. Avec le concours du complice d'origine syrienne, l'équipe du chef de la Brigade anti-émeute a trouvé des clients pour cette quantité d'or fictive.
 
"Les acheteurs potentiels étaient des jordaniens à qui ils ont fait croire, documents à l'appui, qu'ils disposaient de l'or d'une valeur de 2.500.000 dollars américains", révèlent nos sources.
 
Les victimes de l'escroquerie ont ainsi fait le déplacement jusqu'à l'aéroport international de Bujumbura en date du 29 octobre 2016 avec cette somme colossale "pour acheter l'or" que l'équipe du Commissaire Désiré Uwamahoro disait posséder.
 
A l'arrivée de ce jet privé à l'aéroport de Bujumbura, l'équipe composée du commissionnaire syrien, des congolais qui se faisaient passer pour des vendeurs d'or et du Commissaire Désiré Uwamahoro les attendaient. Selon nos informations, les entretiens ont commencé entre d'une part le syrien et les congolais et d'autre part cette équipe de jordaniens qui sont restés dans leur jet à l'aéroport international de Bujumbura.
 
Nos sources font savoir que l'équipe du commandant de la Brigade anti-émeute faisait entendre aux jordaniens qu'ils devaient débloquer la totalité de la somme "avant la livraison des minerais"; mais ces derniers auraient refusé, réclamant d'abord de voir la marchandise.
 
Les tractations se sont poursuivies et l'équipe des jordaniens a fini par donner 200.000 dollars américains "comme preuve qu'ils voulaient acheter cet or", poursuivent nos sources. Le Commissaire Désiré Uwamahoro et son équipe promettaient de livrer cet or à 16 heures 30 minutes le même jour. Toutefois, les acheteurs potentiels ont persisté et exigé l'échange immédiat entre le colis et la somme d'argent.
 
"L'officier Désiré Uwamahoro, ayant constaté que l'affaire risquait de capoter, a voulu foncer pour rencontrer en personne les jordaniens dans leur jet", poursuivent nos sources.
 
Certains cadres de l'aéroport international de Bujumbura auraient ainsi alerté Etienne Ntakirutimana, le patron du Service national des Renseignements, pour l'avertir. Le chef de la police présidentielle n'a pas tardé à envoyer ses agents avec comme mission "d'arrêter le Commissaire Désiré Uwamahoro et son équipe", un ordre qui a été aussitôt exécuté indiquent des témoins.
 
Visiblement, ce scandal mafieux divise les ténors du pouvoir de Bujumbura. Un bras de fer s'observe au sein du noyau dur du pouvoir, les uns exigeant la libération immédiate et sans condition du Commissaire Désiré Uwamahoro et d'autres, dont le Président burundais Nkurunziza en personne, s'y opposent fermement.
 
Le Commissaire Désiré Uwamahoro serait jusqu'ici détenu dans un cachot du Service national des Renseignements. Le chef de la Brigade anti-émeute n'en est pas à sa première incarcération au SNR. Il a également été très cité dans des exactions et violations des droits de l'homme particulièrement depuis le début de la crise en cours.

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