Welcome to RPA   Click to listen highlighted text! Welcome to RPA Powered By GSpeech

Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Pénurie d’engrais chimiques : le gouvernement évoque la hausse de la demande et le manque de devises

Par: Emmanuel Niyungeko

Alors que les agriculteurs continuent de dénoncer le manque d’engrais chimiques à l’approche de la saison culturale A, le gouvernement attribue cette situation à l’augmentation du nombre de producteurs et aux difficultés liées à la disponibilité des devises. Lors d’une émission publique tenue à Gitega, le Premier ministre a également assuré que les arriérés réclamés par les agriculteurs seront régularisés, sans toutefois préciser quand ni comment.

Burunga : des cultivateurs privés des engrais malgré le paiement intégral

Burunga : des cultivateurs privés des engrais malgré le paiement intégral

Par: Innocent-Valentin Singirankabo

Dans la commune de Rutana, province de Burunga, les agriculteurs sont en colère. Après avoir versé la totalité du montant exigé pour obtenir les engrais chimiques de type DAP, ils n’ont reçu qu’une infime partie de la quantité commandée. En plein retard pour la saison culturale B, ils dénoncent une situation qui menace leurs récoltes et exigent des explications des autorités locales.

 Les agriculteurs de la commune Rutana, en province de Burunga, ne cachent plus leur frustration. Tous affirment avoir payé intégralement les sommes demandées pour l’achat d’engrais chimiques de type DAP, indispensables à la fertilisation de leurs champs durant la saison B. Pourtant, ils n’ont reçu qu’une portion dérisoire de leurs commandes.

« Nous avons payé tout l’argent, mais celui qui avait commandé cinq, dix ou vingt sacs n’en reçoit qu’un, deux ou trois. Personne n’a obtenu le tiers de la quantité demandée », s’indigne un cultivateur. « Nous sommes en train de semer sans fertiliser la terre. Dans ces conditions, nous n’allons rien récolter », ajoute-t-il.

Selon ces agriculteurs, le manque d’engrais intervient à un moment critique, alors que la période des semis de haricots a déjà commencé. Le retard accumulé risque d’affecter sérieusement la production locale.

« C’est catastrophique », témoigne une autre habitante. « On aurait préféré qu’on nous dise directement que les engrais ne suffisaient pas, pour payer seulement ce qui était disponible. Là, nous avons versé tout notre argent et nous n’avons presque rien reçu. C’est une perte totale. Certains envisagent même de s’approvisionner au marché noir pour sauver un minimum de production. »

Face à ces plaintes répétées, les agriculteurs demandent aux autorités d’éclaircir la situation et de leur rendre des comptes. Ils appellent à plus de transparence dans la distribution des engrais subventionnés afin d’éviter, à l’avenir, de pareilles injustices.

Contacté à ce sujet, Jérôme Nsengimana, responsable du bureau communal de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Environnement à Rutana, était injoignable.

 

Burundi : la colère des agriculteurs face à la pénurie persistante d’engrais

Burundi : la colère des agriculteurs face à la pénurie persistante d’engrais

Par: Walter Kwizera

À Ngozi et dans d’autres communes du nord du Burundi, les paysans ne cachent plus leur désarroi. Malgré les promesses répétées des autorités, la majorité d’entre eux attend encore les engrais indispensables à leurs cultures. Un manque criant qui menace la prochaine récolte et alimente un profond sentiment d’injustice.

Dans la commune de Ngozi, province Butanyerera, les agriculteurs sont au bord du découragement. Depuis plusieurs semaines, ils espèrent la distribution d’engrais promis par les autorités locales. Ces dernières leur avaient demandé de s’acquitter rapidement du paiement, assurant que les livraisons seront imminentes. Or, la plupart d’entre eux n’ont toujours rien reçu.

« Le gouvernement est venu nous mentir, » témoigne un paysan interrogé par la Radio Publique Africaine (RPA). « Nous nous sommes inscrits comme demandé, par l’intermédiaire du chef de colline, du représentant du parti CNDD-FDD et de l’agronome de zone. Certains attendent depuis deux ans sans jamais avoir touché un seul sac d’engrais. Et même lors de la dernière distribution, une poignée seulement a été servie. »

Le cas de Ngozi n’est pas isolé. Dans d’autres zones de la commune, comme Mivo, Mubuga, Mugomera, Gahombo ou Gashikanwa, ainsi que dans plusieurs autres commune de la province Butanyerera le constat est le même. Les paysans affirment que les stocks d’engrais, pourtant annoncés, semblent réservés à quelques privilégiés. « C’est incompréhensible, » déplore un autre cultivateur. « Les commerçants parviennent à s’en procurer, mais pas nous. Les paysans pleurent pendant que d’autres font des affaires. »

Ce sentiment d’abandon alimente la colère dans les collines. Beaucoup estiment que les politiques agricoles annoncées par le gouvernement ne sont qu’un discours vide. « On nous parle de réforme, mais sur le terrain rien ne change, » regrette un agriculteur. « Les promesses officielles ne correspondent jamais à la réalité. »

Interpellée lors d’une récente émission publique, la porte-parole du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, Ineza Douce Angélique, a tenté de rassurer : elle a exhorté les agriculteurs à recourir provisoirement aux engrais traditionnels et à faire preuve de patience, le temps que le gouvernement « trouve une solution durable » à la pénurie.

 

À Ngozi, les avocats mûrissent… mais les producteurs n’ont pas le droit de vendre

À Ngozi, les avocats mûrissent… mais les producteurs n’ont pas le droit de vendre

Par: Remy Nderagakura

Alors que la récolte d’avocats bat son plein dans le nord du Burundi, les agriculteurs se disent pénalisés par la mesure interdisant toute commercialisation avant le 15 mars 2026. Faute d’autorisation de vente, des tonnes de fruits risquent de pourrir sur place.

À Ngozi, l’interdiction temporaire de la vente d’avocats provoque la colère des producteurs. Depuis plusieurs semaines, certains cultivent l’inquiétude autant que leurs vergers : les fruits, désormais mûrs, tombent d’eux-mêmes, mais il leur est défendu de les vendre jusqu’à la date fixée par les autorités provinciales.

Sur les sites de regroupement, notamment à Inyaruntana et aux carrefours menant vers Gitega ou le centre-ville de Ngozi, les sacs d’avocats s’empilent. Les intermédiaires n’achètent qu’en petites quantités, à des prix dérisoires, moins de 100 000 FBu le sac de 1 000 kilos, de quoi décourager bien des cultivateurs. Avant même l’ensachage, les fruits impropres à la vente sont écartés, aggravant encore les pertes.

Les commerçants locaux affirment qu’ils n’ont plus de solution pour stocker ou écouler la production. Une partie des avocats collectés dans l’ancienne province de Ngozi est transportée jusqu’à Murama, dans la commune de Muyinga, province de Buhumuza, avant d’être acheminée vers la Tanzanie. Mais ce commerce transfrontalier reste strictement encadré.

La situation s’envenime davantage avec l’intervention des « commissionnaires », ces intermédiaires accusés d’imposer leurs prix et de semer la discorde entre producteurs et acheteurs agréés.

Dans un communiqué daté du 12 février 2026, le gouverneur de Butanyerera a rappelé que toute personne souhaitant acheter des avocats auprès de la population devra, à partir du 15 mars, présenter une autorisation officielle. Une mesure censée mettre fin au « commerce anarchique » des fruits, mais qui, pour l’heure, laisse nombre d’agriculteurs dans l’impasse, leurs avocatiers se vidant de leurs fruits à perte.

 

 

 

Faire un don

Nos journaux parlés

Qui est en ligne?

Nous avons 242 invités et aucun membre en ligne

Click to listen highlighted text! Powered By GSpeech