Médicaments de rue : un danger silencieux pour la santé publique à Bujumbura
Par: Eloge Divin Remesha
Suite à la pénurie croissante de devises, le marché noir des médicaments explose dans la capitale économique. Une situation alarmante qui, selon l’expert en santé publique Côme Konakuze, menace directement la sécurité sanitaire des Burundais et fragilise le système de santé nationale.
Le commerce illicite de médicaments s’étend à grande vitesse dans plusieurs quartiers de Bujumbura. Pour l’expert en santé publique Côme Konakuze, cette prolifération résulte d’une crise profonde : la raréfaction des devises étrangères, indispensable à l’importation normale de produits pharmaceutiques.
Selon lui, cette pénurie a provoqué une flambée spectaculaire des prix, parfois multipliés par trois. Une hausse qui restreint dangereusement l’accès aux soins et rend la prise en charge des patients de plus en plus difficile.
Côme Konakuze alerte sur les risques liés à la circulation de médicaments non contrôlés. Aucune étude approfondie n’a encore mesuré l’ampleur du phénomène, mais des indices montrent que certaines pharmacies s’approvisionnent déjà sur ce marché parallèle. « Le plus préoccupant, c’est l’absence totale de contrôle de qualité », déplore-t-il.
L’expert rappelle que nombre de médicaments nécessitent des conditions strictes de conservation notamment une température adaptée faute de quoi leur efficacité peut chuter, voire devenir toxique.
Les conséquences, prévient-il, pourraient être graves : aggravation des maladies, invalidités, hausse de la mortalité… Autant de menaces susceptibles d’affaiblir encore un système de santé déjà sous pression.
Pour sortir de cette impasse, Côme Konakuze appelle le gouvernement à agir en urgence afin de sécuriser l’accès aux devises pour l’importation de médicaments. À plus long terme, il plaide pour une stratégie nationale de production locale de produits essentiels, seule voie durable pour réduire la dépendance du pays vis-à-vis de l’étranger.

