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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

48 magistrats recrutés en 2024 dénoncent une inégalité de traitement et réclament leurs droits

Par: Digne Karondo

Quarante-huit magistrats recrutés en 2024 et affectés dans différents tribunaux de résidence dénoncent ce qu’ils considèrent comme une injustice. Ils affirment avoir été lésés après leur affectation dans ces juridictions, alors que l’ordonnance ministérielle portant recrutement prévoyait, selon eux, le recrutement de magistrats destinés à travailler dans les tribunaux de grande instance et leurs parquets.

Ces magistrats demandent à être rétablis dans leurs droits, notamment à bénéficier d’une promotion et d’un salaire correspondant à leur niveau de formation universitaire, au même titre que leurs collègues recrutés dans les mêmes conditions et affectés, dès leur recrutement, dans les tribunaux de grande instance et les parquets.

Au total, 161 magistrats avaient été recrutés en 2024. Selon une source parmi les 48 concernés, tous avaient présenté des diplômes de même niveau et passé la même épreuve de sélection. L’appel à candidatures lancé par le ministère de la justice portait, selon cette source, sur le recrutement de magistrats appelés à travailler dans les tribunaux de grande instance ainsi que dans leurs parquets.

« L’ordonnance ministérielle indiquait qu’il y avait besoin de magistrats pour travailler dans les tribunaux de grande instance et les parquets du pays. Nous avons passé le test de sélection, suivi la même formation et déposé des diplômes de même niveau. À cette époque, Mme Domine Banyankimbona était encore ministre », explique cette source.

Cependant, au moment de leur affectation, la situation a changé. Parmi les 161 magistrats recrutés, 48 ont été affectés dans des tribunaux de résidence. Ils affirment être aujourd’hui rémunérés comme des magistrats titulaires d’un diplôme de niveau A2, alors qu’ils disposent de diplômes universitaires.

Les autres magistrats recrutés en même temps ont, quant à eux, été affectés dans les grandes juridictions et bénéficient d’un salaire deux fois supérieur à celui des 48 magistrats affectés dans les tribunaux de résidence.

« Nous avons obtenu le poste et nous avons été convoqués pour que chacun puisse prendre connaissance du lieu où il avait été affecté. On nous a ensuite remis les lettres d’affectation. C’est à ce moment-là que nous avons constaté que l’ordonnance ministérielle portant recrutement n’avait pas été respectée », déplore la source.

Selon elle, certains des magistrats concernés sont actuellement payés à hauteur de 180 000 francs burundais par mois, un salaire correspondant, affirment-ils, à celui d’une personne ayant un diplôme de niveau A2.

« Ils sont payés comme des personnes ayant un diplôme de niveau A2, alors qu’ils ont été recrutés sur la base de diplômes universitaires. Imaginez, des personnes ayant le même niveau de diplôme, ayant suivi la même formation, ayant déposé des diplômes équivalents et ayant passé le même concours se retrouvent aujourd’hui avec des salaires différents », poursuit la source.

Ces magistrats indiquent avoir adressé plusieurs correspondances aux différents ministres ayant successivement dirigé le ministère de la Justice, notamment Domine Banyankimbona, Arhémon Katihabwa et, plus récemment, Alfred Ahingejeje, ainsi qu’au président de la République. Ils affirment toutefois n’avoir reçu aucune réponse à leurs revendications.

Ils demandent que leur situation soit réexaminée et que leurs droits soient rétablis. Ils souhaitent notamment bénéficier du salaire correspondant à leur niveau de formation et être traités de manière équitable avec leurs collègues recrutés dans les mêmes conditions.

« Ce que nous demandons, c’est que ces magistrats soient rétablis dans leurs droits, qu’ils bénéficient du salaire auquel ils ont droit et qu’ils soient traités équitablement. Nous demandons également que l’ordonnance ministérielle portant recrutement soit respectée, puisqu’elle prévoyait leur affectation dans les tribunaux de grande instance et les parquets du pays », déclare la source.

Contacté à ce propos, le ministre de la justice, Alfred Ahingejeje, a répondu qu’il n’avait pas encore reçu la correspondance que ces magistrats lui ont adressée. Il a toutefois indiqué qu’il se prononcera sur la question dès qu’il en prendra connaissance.

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