Retards de paiement de l’Union africaine : des retraités burundais en font les frais
Alors qu’ils attendaient de percevoir leurs arriérés de solde pour des missions de maintien de la paix en Somalie, plusieurs militaires burundais partis à la retraite fin 2025 ont constaté que la Coopérative d’Epargne et de Crédit pour l’Auto-développement des Militaires, CECADM, avait directement puisé dans leurs épargnes. Ils dénoncent une injustice et exigent le remboursement des montants prélevés.
Des militaires burundais récemment retraités dénoncent des retraits opérés par la CECADM sur leurs épargnes au moment de leur départ à la retraite. Ces prélèvements concernent des crédits contractés à leur retour de la mission de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie (ATMIS). Accordés normalement avant le déploiement des militaires en mission de maintien de la paix, la CECADM a, en 2023, accepté de donner encore le crédit à ces militaires après leur retour de la Somalie car, ils n’avaient pas encore perçus la totalité de leurs salaires de la mission ATMIS.
Selon leurs témoignages recueillis par la RPA, ces crédits, assortis d’un taux d’intérêt annuel de 20 %, devaient être remboursés directement sur les soldes versées pour leur service en Somalie. Mais bon nombre d’entre eux viennent de partir à la retraite avant le règlement de ces arriérés.
Face à ces retards, la CECADM a choisi de se rembourser sur les économies constituées par ces militaires au cours de leur carrière — des sommes qu’ils perçoivent à leur départ à la retraite. « Ce qui nous frustre, c’est qu’ils ont remboursé nos collègues encore en service lorsqu’ils ont vu que leurs soldes ATMIS n’ont pas encore été payées en totalité. Mais pour nous, on nous refuse nos épargnes alors que nous sommes dans le même cas », déplore l’un d’eux.
D’après leurs contrats, soulignent nos sources, la banque devait être remboursée uniquement sur les soldes issues des missions internationales, et non sur d’autres revenus ou épargnes. Ces anciens soldats demandent donc la restitution immédiate des sommes retenues, et que la CECADM attende que l’Union africaine règle les arriérés dus au Burundi.
Interrogée, l’Union africaine reconnaît devoir encore plusieurs mois de solde aux contingents déployés en Somalie. Depuis 2022, les paiements ne sont plus réguliers à cause de la réduction du financement européen de la mission ATMIS. À ce jour, l’Union africaine doit au Burundi quinze mois d’arriérés.
La rédaction de la RPA n’a pas encore pu obtenir la réaction de la banque CECADM sur les raisons de ces prélèvements, en violation des accords d’octroi de ce crédit.

